Publié le 26 septembre 2019

SOCIAL

L'application star Yuka fait bouger les lignes : Intermarché va modifier plus de 900 recettes mal notées

C'est une annonce qui confirme l'influence grandissante de Yuka. Le géant de la grande distribution, Intermarché, va modifier plus de 900 recettes mal notées sur cette application star téléchargée par plus de 11 millions de Français. Le but est de retirer près de 150 additifs en 18 mois. Une pression accrue sur les fournisseurs et un signe que la transparence fait bouger les lignes. 

Yuka fait bouger les lignes
Près de 11 millions de Français ont téléchargé l'application Yuka qui, en un seul clic, classe les produits selon leur composition.
Yuka

Depuis son lancement, il y a deux ans, Yuka a pris de la place dans les foyers. L’application star des produits alimentaires compte désormais plus de 11 millions d’utilisateurs en France. Il faut dire qu’elle a tapé dans le mile : à moins d’être un expert, il est difficile de comprendre la composition des aliments que nous mangeons au quotidien. Yuka nous mâche le travail et indique, en un clic, si le produit est excellent, bon ou médiocre.

Son influence a pris une telle ampleur qu’elle vient de faire bouger un géant de la grande distribution. Intermarché a annoncé la modification de 900 recettes de ses marques distributeurs mal notées sur Yuka. "Cette application est vraiment rentrée dans les usages et deux tiers des Français, en voyant les résultats, ont abandonné une marque ou un produit. Cela nous oblige aujourd’hui à nous prendre en main et à être très responsable", a expliqué lundi 16 septembre Thierry Cotillard, président d’Intermarché, sur BFM Business. En "scannant tous ses produits", le distributeur a ainsi identifié 900 produits où il "peut mieux faire".

Des fournisseurs sous pression

L’enseigne se donne 18 mois pour bannir 142 additifs différents de ses recettes. Un "chantier incroyable, colossal", estime le président. C'est d'autant plus vrai pour les fournisseurs, qui doivent trouver le moyen de se passer de ses additifs, sans changer le goût ou la texture. La plupart du temps, eux-mêmes achètent des matières premières qui contiennent les additifs à éliminer. "La suppression de certains additifs pose des problèmes techniques et impose une meilleure gestion de la supply chain", témoigne à l’Usine Nouvelle François Couvez, responsable R & D Des délices du Valplessis qui fournit des millions de litres de crème glacée par an au groupe Agromousquetaires.

Pour Yuka en tout cas, cette nouvelle sonne comme une victoire. "Nous espérons que d'autres industriels feront de même, même si nous observons déjà de plus en plus de changements dans les compositions des produits (suppression d'additifs controversés, réduction du taux de sel ou de sucre, etc.)", raconte Ophélia Bierschwale, associée chez Yuka, "Les industriels ont pris conscience que les Français réclament plus de transparence et surtout des produits plus sains. Ils sont généralement dans une démarche constructive."

Les industriels contre attaquent

Si Yuka affirme ne pas avoir collaboré avec Intermarché, l’équipe a accepté que l'enseigne utilise les codes-barres test pour faire des simulations et voir quelle note aurait les produits en cours d’élaboration. "La mission de Yuka est avant tout d'aider nos utilisateurs à déchiffrer les étiquettes pour qu'ils puissent consommer de manière plus éclairée. Mais nous souhaitons également pousser les industriels à proposer une meilleure offre de produits. C'est ce qui est en train de se passer aujourd'hui au travers de cette annonce, ce qui est très positif", souligne Ophélia Bierschwale.

Si Intermarché semble jouer le jeu, les industriels et distributeurs voient pourtant d’un mauvais œil cette application, même si les critiques frontales se font rares. Face à une mesure jugée "simpliste", plusieurs d’entre eux ont décidé de lancer leur propre application. Système U par exemple a lancé "Y’a quoi dedans ?". L’ANIA, la Fédération nationale des industriels de l’alimentaire, a annoncé le 23 novembre dernier travailler une base de données baptisée "Num-Alim" qui pourrait être convertie, à terme, en application. Mais au vu de la méfiance des consommateurs à l’égard des distributeurs et industriels, il n’est pas certain que ces nouveautés rencontrent le succès de Yuka. 

Marina Fabre, @fabre_marina 


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

SOCIAL

Consommation

Produits verts, bio, issus du commerce équitable ou made in France….les marques multiplient les produits vendus comme écologiques, durables et responsables et les consommateurs prennent conscience de l’impact de leur choix sur l’environnement. Ces nouvelles pratiques de consommation doivent reposer sur des labels crédibles.

Consommation bio locale de saison effet covid

[Effet post-Covid] Les Français reviennent vers une alimentation bio et locale

Le confinement provoqué par le Covid-19 a eu l'effet d'un déclic pour nombre de citoyens qui se sont tournés vers une alimentation bio, voire locale. Les circuits courts ont profité de cette aubaine tout comme la grande distribution, qui, pendant le confinement, a fait la part belle aux fruits et...

La vie claire 1948 bn

[À l’origine] En 1948, La Vie Claire lance un premier magasin bio avant l'heure

Le marché du bio a connu un vrai boom pendant le confinement. Si la grande distribution tient désormais une place majeure dans le marché, ce sont les enseignes spécialisées comme La Vie Claire qui ont ouvert la voie. En 1948, alors que le label AB n'existait pas encore, la Vie Claire lance un...

Consommation locale istock julief514

Une carte de fidélité écolo, pour favoriser une consommation durable et locale

Alors que le confinement a plombé la consommation des Français, la reprise de cette dernière s'avère primordiale pour l'économie du pays. L'occasion est unique de pouvoir la réorienter vers des produits locaux et verts, assure la Fabrique écologique qui appelle à la mise en place d'une carte de...

Vanmoof publicite Capture ecran

Un fabricant néerlandais de vélos s'estime censuré en France pour sa pub "anti-voitures"

Le fabricant néerlandais de vélos électriques Vanmoof a dénoncé mardi 30 juin un avis de l'autorité française de régulation de la publicité lui demandant de modifier un spot jugé anti-voiture. En cause : des plans montrant des "images anxiogènes" de la voiture. Une affaire qui s'inscrit dans un...