Publié le 11 juin 2018

SOCIAL

Yuka, l’appli qui donne de la transparence aux produits alimentaires

Graisses saturées, additifs, nanoparticules, pesticides... Difficile de s'y retrouver dans la composition des aliments que nous mangeons. Pour mieux informer les consommateurs, l'application Yuka propose, grâce au code barre des produits, de noter les aliments en fonction de leur qualité nutritive et de leur impact sur la santé.

Yuka revendique 3,5 millions d'utilisateurs dont 2 millions scannent régulièrement les produits référencés.
©Yuka

À moins d’être un expert, difficile de s’y retrouver dans la composition des aliments que nous mangeons au quotidien. Entre les graisses saturées, les additifs, les nanoparticules et autres pesticides, le choix est compliqué. D’où l’idée de l’application Yuka, née en 2017.

Le concept est simple : il suffit de scanner le produit que l’on veut acheter sur l’application. Cette dernière le note de 1 à 100 en fonction des qualités nutritionnelles (60 %), de la présence d’additifs (30 %) et de la dimension biologique (10 %). Cela permet à Yuka d’indiquer si l’article est excellent, bon, médiocre ou mauvais. Yuka revendique 3,5 millions d'utilisateurs dont 2 millions scannent régulièrement les produits référencés.

"Les étiquettes sont volontairement difficiles à décrypter"

"Les consommateurs ressentent un vrai manque d’information et de transparence sur ce qu’ils consomment aujourd’hui", explique à Novethic Julie Chapon, cofondatrice de Yuka. "Les étiquettes sont volontairement difficiles à décrypter, avec des mots que personne ne comprend et des valeurs que personne ne sait interpréter, écrits souvent en tout petit au dos du produit", déplore-t-elle.

Et cela ne risque pas de changer. Lors du vote de la loi alimentation le 30 mai dernier, les députés ont refusé de rendre obligatoire le Nutriscore, ce code couleur classant les aliments du rouge au vert en fonction de leur qualité. Même si quelques fabricants ont adopté volontairement le Nutriscore, tous ne sont pas pliés à ce nouveau code. Souvent les mêmes que ceux qui sont réfractaires à Yuka.

"Ils utilisent des discours tout faits du type 'il faut manger de tout', ce qui est bien sûr totalement faux car, non, 'il ne faut pas' manger des biscuits pleins de sucre ou du Nutella. Ce sont tout à fait des produits dont on peut se passer nutritionnellement. On peut en manger, mais on ne doit pas en manger, ce qui est totalement différent", avance Julie Chapon.

100 % indépendant 

Pour évaluer les produits, l’application s’appuie sur une base de données collaborative et ouverte, comme Wikipedia : Open Food Facts. De même, les utilisateurs de Yuka peuvent enrichir cette base. 1 500 contributions y sont d’ailleurs ajoutées chaque jour.

Certains fabricants comme Fleury Michon ou des producteurs comme Sodebo ont eux-mêmes envoyé leur liste avec les informations des produits. Et Franprix a donné son autorisation pour un "scannage" de grande ampleur. Mais attention, Yuka insiste, il est 100 % indépendant. Alors que l'application de base est gratuite, son business model est pour l’instant centré sur un programme nutrition payant et les soutiens des contributeurs. 

Marina Fabre @fabre_marina


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