Publié le 10 septembre 2018

SOCIAL

[Le monde selon Hulot] Une alimentation durable est possible, ces entreprises le prouvent déjà

Épisode 1/5 - Lors de sa démission, Nicolas Hulot a confessé sa solitude et son incapacité à mettre en marche un nouveau modèle. Mais dans plusieurs secteurs des petites entreprises montrent la voie et influencent la stratégie des grands groupes. Cap aujourd'hui sur le secteur alimentaire où C’est qui le patron, Cœur Paysan ou Too good to go disruptent un marché en pleine ébullition.

De Too good to go à C'est qui le patron, la réussite d'entreprise
Pixabay

Le manque de rémunération des agriculteurs est un sujet de tension depuis plusieurs années. En France, un tiers d'entre eux vivent avec moins de 350 euros par mois. Peu, jusqu’ici, avait réussi à tirer sur le bon bout de la ficelle pour dénouer ce nœud. La marque C’est qui le patron, a trouvé une solution. Elle s’est adressée directement aux consommateurs avec une question : quel prix êtes-vous prêts à payer pour qu’un producteur puisse vivre dignement ?

Bien rémunérer les producteurs avec C'est qui le patron et Coeur paysan

La question est simple et la solution tient en quelques centimes seulement. 8 centimes exactement pour le lait par exemple. Une expérience réussie qui a prouvé la crédibilité d’un modèle où le prix le plus bas n’est plus forcément la première attente des consommateurs. À tel point que la grande distribution a elle-même lancé des marques similaires comme Les éleveurs vous disent merci d’Intermarché ou Les laitiers responsables de Sodiaal.

Côté producteurs, certains ont pris le taureau par les cornes et ont décidé de s’unir pour créer leur propre supermarché : Cœur paysan. 39 maraîchers, éleveurs céréaliers, ont racheté un ancien Lidl dans la zone industrielle de Colmar. Les producteurs vendent eux-mêmes, à tour de rôle, des produits locaux, de saison, et fixent leur prix de vente en fonction de leur coût de production. Un moyen de survivre à la "course au prix bas" de la grande distribution, qu’il dénonce.

Phenix et Too good to go contre le gaspillage alimentaire 

Autres modèles éprouvés : celui de Phenix et Too good to go, deux entreprises qui luttent contre le gaspillage alimentaire. La première professionnalise la gestion des invendus alimentaires en faisant l’intermédiaire entre les magasins et les associations. La seconde est une application qui permet à des consommateurs d’acheter à petits prix les invendus des commerçants. Un moyen pour ces derniers de leur donner une seconde vie plutôt que de les jeter.

L’application compte désormais plus de 3,5 millions d’utilisateurs. Sa reconnaissance est telle que la fondatrice, Lucie Basch, fait désormais partie du comité d’orientation alimentaire de Carrefour pour guider le distributeur vers une transition plus responsable. "J’ai envie de croire à ce changement et d’y contribuer. L’idée est de pousser Carrefour à aller plus loin, de le challenger", confie-t-elle. Un bon exemple de l'influence de ces boîtes qui montent dans la stratégie des gros groupes. 

Marina Fabre @fabre_marina 


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