Publié le 07 septembre 2017

INFOGRAPHIES & VIDÉOS

[VIDEO] Too Good To Go, l'appli anti-gaspi qui vous fait économiser de l'argent, devient leader mondial du secteur

[Mis à jour le 15 février 2018] L'appli anti-gaspillage alimentaire Too Good To Go, qui permet à des consommateurs d'acheter à petits prix les invendus des commerçants de leur quartier, se lance aux Pays-Bas après avoir conquis six autres pays européens. Avec 8500 commerçants et 3,5 millions d'utilisateurs Too Good To Go est devenu "le premier mouvement mondial de lutte anti-gaspi", assure sa fondatrice. 

Les Poireaux de Marguerite, magasin de producteurs locaux, a vu sa clientèle augmenter depuis son inscription à l'application Too Good To Go
Marina Fabre

Il y a déjà la queue devant la caisse des "Poireaux de Marguerite", en cette chaude journée d’août à Paris. Ce petit commerce de quartier, qui vend des produits locaux issus de l’agriculture raisonnée ou bio, a vu sa clientèle augmenter depuis qu’il s’est inscrit sur l’application Too Good To Go, que l'on pourrait traduire par "Trop bon pour être jeté".

Le concept est simple : au lieu de jeter les invendus alimentaires de la journée, les commerçants peuvent les vendre à moitié prix ou moins via l’application. Déjà plus de 3,5 millions d'utilisateurs ont été séduits dans le monde. Sur sa liste, on trouve des restaurateurs, des boulangers, des primeurs, des bouchers…

Charlotte a découvert Too Good To Go par le bouche-à-oreille. "Ce n’est que la deuxième fois que j’utilise l’application, ça me fait connaître les commerces qui se trouvent sur le chemin de mon domicile au travail, comme les Poireaux de Marguerite. C’est un geste citoyen qui me permet d’acheter moins cher. C’est tout bénef !"  

"On a gagné en visibilité, on a de plus en plus de clients"

"Cela permet de réduire le gaspillage alimentaire et de rendre accessible nos produits à une clientèle moins aisée", explique Anita, cofondatrice des Poireaux de Marguerite. "On a gagné en visibilité, on a de plus en plus de clients".

Dans les "paniers surprise" que viennent récupérer les internautes, on trouve de la salade, des tomates, des prunes, des melons… Des produits de saison qui résistent mal à la chaleur. "Nos paniers ne sont jamais les mêmes, on les conçoit en fonction de notre approvisionnement", explique-t-elle.

L’idée est venue de Lucie Bash. La fondatrice de Too Good To Go voulait une application qui mette en lien "des commerçants de qualité qui ont des produits très frais" et les habitants de leur quartier. En à peine un an, elle a déjà conquis plusieurs pays européens comme le Royaume-Uni, l'Allemagne ou la Norvège. Le petit dernier date du 13 février : les Pays-Bas. "Too good to go n'a pas de frontière", explique la startup, "il s'est imposé comme le premier mouvement mondial de lutte anti-gaspi". 

L’application s’ouvre à la grande distribution

Il faut dire que le gaspillage alimentaire est un véritable fléau dans le monde, et notamment en France où chaque année 10 millions de tonnes de nourriture sont jetées. Du consommateur au distributeur en passant par le transformateur, tous les acteurs ont leur part de responsabilité.

Pour y remédier Lucie Bash voit large. Elle a décidé d’ouvrir également l’application à la grande distribution. Désormais, Carrefour ou encore Leclerc sont représentés. "Lorsqu’on a commencé à être contacté par des supermarchés, on s’est posé la question de leur légitimité car, à l’origine, nous voulions mettre en avant des commerçants de qualité. Mais notre mission première est de réduire le gaspillage alimentaire, or la grande distribution en produit énormément. Et après tout, les supermarchés ne vendent pas des produits impropres à la consommation !"

Changer en profondeur le système alimentaire 

Une explication qui ne satisfait pas Anita pour qui "la grande distribution prend tout. Nous, on est obligé de vendre, certes pour une bouchée de pain, nos invendus mais on ne peut pas se permettre de les donner, eux, si !"

Plus globalement, plusieurs associations militent surtout pour un changement de système à long terme. "La vente à bas coût des surplus alimentaires ne réparera pas un système alimentaire qui fonctionne mal. Elle ne répondra pas aux problèmes environnementaux et ne fournira pas la motivation nécessaire pour réduire les surplus ou diminuer le gaspillage à long terme", estimait Martin Caraher, co-auteur d'une étude publiée par la Food Resarch Collaboration en février dernier.

Marina Fabre @fabre_marina


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