Publié le 16 juillet 2019

POLITIQUE

Elisabeth Borne remplace François de Rugy en tant que ministre de la Transition écologique et solidaire

C'est Elisabeth Borne, la ministre des Transports, qui récupère le ministère de la Transition écologique et solidaire. Celui-ci avait présenté sa démission du gouvernement hier, moins d’une semaine après une série de révélations de Médiapart sur son train de vie. S'il se déclarait jusqu'à présent "déterminé" à rester en place, il a cependant manqué de soutien au sein même de la majorité. [Mise à jour le 17 juillet à 14 heures] 

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La nouvelle ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, ancienne ministre des Transports.
@Aron Urb (EU2017EE)

Elisabeth Borne, jusqu'ici ministre des Transports, récupère le portefeuille de l'Ecologie. La ministre a été nommée mardi 16 juillet au soir, peu avant minuit, ministre de la Transition écologique et solidaire en remplacement de François de Rugy. Elle ne récupère cependant pas le rang de son prédécesseur, ministre d'État et numéro 2 du gouvernement. Un "déclassement" qui inquiète Greenpeace: "Même si cette charge était avant tout symbolique, c'est un signal préoccupant", estime le directeur France, Jean-François Julliard dans un communiqué.

Mobilité et Économie circulaire: les dossiers forts de la rentrée

La ministre, qui a mener la réforme de la SNCF et celle, en cours, des Mobilités est reconnue pour sa compétence et s'imposait comme une "évidence" selon la la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. Elle n'incarne pourtant ni l'écologie politique, ni un geste en direction des Verts. Ancienne préfète de la région Poitou Charentes, directrice de cabinet de Ségolène Royal mais aussi ancienne patronne de la RATP, cette technocrate est aussi appréciée par Matignon en tant que "femme de terrain", selon LCI.

Il n'en faudra pas moins pour tenir ce ministère souvent qualifié d'impossible. Deux gros projets l'attendent à la rentrée: celui des Mobilités, qui revient au Sénat, et la loi sur l'Economie circulaire. L'épreuve de feu sera l'arbitrage de la ligne qui relie Perpignan au marché de Rungis. Alors que le marché était jusqu'ici approvisionné grâce aux trains, la ligne devait s'arrêter en juin pour être remplacée par 20 000 camions à l'année. Mais face à la mobilisation, la ministre des Transports avait fait marche arrière annonçant un sursis jusqu'à la fin de l'été. 

"Pas en mesure d’assumer efficacement la mission" gouvernementale

Le passage de relais avec son prédécesseur a été présenté comme un "soulagement" par François de Rugy, qui a démissionné hier. Une conséquence de la série de révélations publiées depuis mercredi 10 juillet sur le site de Médiapart. Ces articles présentaient le train de vie dispendieux de l’homme politique et de nouveaux étaient en cours de publication au moment même où le ministre annonçait sa démission. À ce stade cependant, aucune illégalité n’avait été relevée. Des "ragots" et "approximations" virant au "lynchage médiatique", selon François de Rugy, qui assure avoir déposé une plainte en diffamation contre le média.

Dès les premiers jours cependant, le ministre s’était trouvé fragilisé, faisant peser un risque sur le ministère lui-même. Si Édouard Philippe s’est contenté d’un recadrage dans un premier temps, la publication de nouvelles révélations avait rendu son maintien en poste difficile. Le manque de soutien, jusque dans les rangs de la majorité, a sans doute également pesé dans le choix de François de Rugy.

Seule décision possible ?

"La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d'assumer sereinement et efficacement la mission que m'ont confiée le Président de la République et le Premier ministre (...). Je suis trop attaché à l’écologie à laquelle j’ai consacré tout mon engagement militant, pour accepter que notre action écologique soit affaiblie par des mises en cause personnelles incessantes", écrit-il ainsi dans un post publié sur Facebook. Cette "prise de recul", se veut cependant à ce stade temporaire : "Je veux dire aussi à bientôt. Plus que jamais, c’est le combat pour la République et pour l’écologie qui m’anime".

"Cette décision devenait peut-être la seule possible pour François de Rugy, commente Matthieu Orphelin, député non inscrit, proche de Nicolas Hulot, sur Twitter. Il pourra ainsi avoir les moyens de s'expliquer et se défendre. L'exemplarité nous oblige tous". Pour l’ONG environnementale, les Amis de la Terre, "il est logique que François de Rugy démissionne après un tel scandale, mais son maintien au gouvernement se posait déjà face à son inaction en matière de climat et d’environnement". Pour l’association, "Hulot n’avait pas su s’imposer face aux lobbies mais de Rugy n’a jamais essayé de le faire".

Béatrice Héraud @beatriceheraud  


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