Publié le 15 septembre 2020

SOCIAL

Le plan de relance fait la part belle à l’Économie sociale et solidaire, secouée par le Covid-19

Le plan de relance, présenté la semaine dernière, va consacrer 1,3 milliard d’euros à l’économie sociale et solidaire (ESS) sur deux ans. Un secteur qui a été très affecté par la crise mais sur lequel le gouvernement compte pour relancer l’emploi assure Olivia Grégoire, nouvelle secrétaire d’État à l’économie sociale, solidaire et responsable. L’effort est pourtant jugé "incomplet" par les représentants du secteur.

L'économie sociale et solidaire va bénéficier de 1,3 milliard d'euros du plan de relance.
MF

Sur les 100 milliards du plan de relance présenté le 3 septembre, 1,3 milliard d'euros iront à l'économie sociale et solidaire (ESS). "En consacrant une partie du budget de relance au secteur de l'économie sociale et solidaire, c'est la France de 2030 qui se prépare, sur la base d'une économie plus durable et plus inclusive", a souligné la secrétaire d'État chargée du dossier, Olivia Grégoire.

C’est notamment l’emploi qui va être privilégié. Le secteur est porteur : il représente déjà 10 % du PIB et 2,4 millions de salariés. Olivia Grégoire entend bien accélérer la machine en "démultipliant le nombre d’emploi dans l’ESS au cours des deux prochaines années", a-t-elle assuré dans un entretien au Figaro. Mais pour cela les acteurs ont besoin de soutien car le secteur a été fortement secoué par la crise du Covid-19.

Six cents millions d'euros bénéficieront ainsi aux structures de l'ESS qui favorisent l'insertion professionnelle des jeunes. 35 000 créations d’emplois sont ainsi prévues en 2021, auxquelles s’ajouteront 40 000 parcours emplois compétences (PEC) et des contrats aidés classiques fléchés vers des acteurs du secteur. Pour mailler le territoire, 30 millions sont également dédiés aux tiers lieux en milieu rural. Quant aux associations de lutte contre la pauvreté, elles bénéficieront de de 100 millions d'euros pour faire face aux besoins accrus par la pandémie.

Inspirer l’économie dans son ensemble

Pour compléter, la Caisse des dépôts (dont Novethic est une filiale) est également sollicitée à hauteur de 300 millions pour développer l'ESS via des crédits alloués à des appels à projets, tout comme Bpifrance qui mettra 230 millions au pot via notamment des prêts d’honneur solidaire. D'autres dispositifs inclus dans le Plan de relance - comme les fonds du "Ségur" de la Santé -, seront également mobilisables par les entreprises du secteur. Enfin, deux milliards d’euros seront destinés à la mise aux normes des Ehpad non lucratifs.

Mais au-delà des montants, c’est le signal envoyé qui est important, souligne la secrétaire d’État. "Je veux multiplier les passerelles pour que les acteurs de l’ESS, qui comptent beaucoup de petites structures, inspirent les grandes sociétés pour que celles-ci mènent plus fréquemment et plus amplement des actions à impacts", précise-t-elle. Lors du salon Produrable qui réunit les professionnels du développement durable, la secrétaire d’État a expliqué vouloir "montrer que le secteur a grandi et qu’il peut encore grandir car il a déjà gagné une bataille culturelle".

Un bon signal mais un plan "incomplet"

Mais pour les acteurs de l’ESS, le compte n’y est pas totalement. "Ce plan de relance marque une ambition nouvelle au service de la transition écologique et de la cohésion sociale et territoriale ce qui va dans le bon sens. Nous regrettons cependant que l’ESS ne dispose pas d’un fonds d’investissement dédié dans ce plan alors que le gouvernement souligne le rôle majeur du secteur dans le développement d’un modèle de croissance vert et solidaire", précise Hugues Vidor, président de l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire (Udes).

L'Udes, tout comme le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) appellent aussi à plus de "cohérence" d’ensemble. Ils demandent la mise en œuvre d’un travail sur l’impact positif social et/ou environnemental des activités économiques et de la lutte contre leurs externalités négatives, notamment pour les entreprises bénéficiant des aides.

Béatrice Héraud, @beatriceheraud   

 

 


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