Publié le 15 avril 2019

SOCIAL

Poulehouse, C'est qui le patron ou Bleu, blanc, ruche... 5 marques qui mettent la responsabilité au coeur de l'agroalimentaire

Le prix bas n'est plus le seul credo du secteur de l'agroalimentaire. Ces dernières années de nouvelles marques ont émergé à l'instar de Poulehouse, la Nouvelle agriculture ou C'est qui le patron. Elles ont montré que des consommateurs étaient prêts à payer quelques centimes de plus pour mieux rémunérer les agriculteurs, bien manger, ou protéger des animaux. Des marques encore de niche mais qui pourraient devenir la norme dans le futur.

"C'est qui le patron" : quand les consommateurs décident du juste prix

L'histoire de C'est qui le patron est une véritable success story. Fin 2016 la marque lance son premier produit, une bouteille de lait. Son prix, permettant d'offrir une juste rémunération aux producteurs, et ses critères de fabrication, ont été décidés par les consommateurs. Deux ans plus tard, elle a vendu 100 millions de litres de lait et propose d'autres produits comme des pizzas, du jus de pomme, du beurre, etc. En pleine crise agricole la marque a prouvé qu'une sortie par le haut était possible et affiche une croissance à faire pâlir ses concurrents. Son lait est devenu la référence la plus vendue derrière les marques de distributeurs.

Avec Poulehouse, l'oeuf ne tue pas la poule

Manger des œufs sans tuer des poules, c'est la promesse de Poulehouse. Contrairement à toutes les autres marques, elle produit des œufs bio sans envoyer les poules pondeuses à l'abattoir à leurs 18 mois. Elle les gardent jusqu'à leur fin de vie, environ 8 ans, même si leur productivité baisse. Une question d'éthique et de non-maltraitance animale qui plaît aux consommateurs. Depuis son lancement en avril 2018, la marque a vendu 1,5 million d'oeufs malgré un prix élevé, à 1 € l'oeuf, soit deux fois plus cher qu'un œuf bio classique. Le prix pour permettre de financer les "maisons de retraite" pour les vieilles poules. Cette année, la marque se lance un nouveau défi : les produits transformés. 

La Nouvelle agriculture : quand les agriculteurs veulent rassurer les consommateurs

Des agriculteurs de l'ouest de la France, adhérents de la coopérative Terrena, ont lancé en avril 2017 la "Nouvelle agriculture". Une marque a destination du grand public dans laquelle il s'engage à ne plus utiliser d'OGM, à limiter les intrants chimiques et l'usage des antibiotiques, à réduire les émissions de CO2... Au total onze engagements ont été annoncé pour produire mieux et reconquérir des consommateurs de plus en plus méfiants. La coopérative souhaite aussi développer sur l'ensemble de la marque une application de traçabilité permettant aux consommateurs de scanner le produit acheté et de découvrir la ferme et les conditions dans lesquelles il a été produit.

Bleu, blanc, ruche : le miel qui sauve les abeilles

Cette nouvelle marque de miel, lancée en septembre par Arnaud Montebourg, ancien ministre du Redressement productif, favorise le repeuplement des abeilles. Ce miel français est vendu plus cher que la moyenne. En contrepartie, les apiculteurs fournisseurs s'engagent à accroître leur cheptel d'insectes. "Ce projet répond à un problème de société -la disparition des abeilles mellifères- qui sont nécessaires à la pollinisation sans laquelle vous perdez les fruits, les légumes auxquels les humains sont habitués", fait valoir Arnaud Montebourg, alors que les abeilles souffrent depuis plusieurs années d'un taux de mortalité important, notamment à cause des pesticides.

Avec Les laitiers responsables et Les éleveurs vous disent merci, les acteurs traditionnels s'y mettent aussi

C'est qui le patron a fait des émules chez les distributeurs. Intermarché a lancé "Les éleveurs vous disent merci !", marque qui vend le litre de lait à 88 centimes dont la moitié revient aux producteurs. Candia, filiale du groupe coopératif Sodiaal, a emboîté de le pas avec l'initiative "Les laitiers responsables". La coopérative, qui représente un éleveur laitier sur cinq en France, a décidé d'en faire une marque "transverse à l'ensemble de l'offre", elle prévoit ainsi de la développer sur le beurre, la crème et le fromage Entremont. Objectif : 200 millions de litres par an, soit autant que son objectif de lait bio d'ici 2020. Son lait, dont 40 centimes revient aux producteurs, est développé sans OGM, répond à des critères de bien-être animal et prévoit cent cinquante jours de pâturage en moyenne.

Marina Fabre, @fabre_marina


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