Publié le 22 septembre 2018

SOCIAL

Poulehouse, la marque d’œufs qui sauvent les poules de l'abattoir, séduit la grande distribution

Manger des oeufs sans tuer des poules, voilà ce que propose Poulehouse. Cette marque, contrairement à toutes les autres, produit des oeufs bio sans envoyer les poules pondeuses à l'abattoir à leurs 18 mois. Elle préfère les garder jusqu'à la fin de leur vie, environ 8 ans, même si leur productivité baisse. Une question d'éthique et de non-maltraitance animale qui plait aux consommateurs. 

Poule maltraitance abattoir
La marque veut désormais s'ouvrir au marché des produits transformés.
Pixabay

Oui, il y a mieux que les œufs bio dont les poules ont été élevées en plein air. Il y a Poulehouse. Cette marque, lancée en septembre 2017, propose à la vente des œufs de poules sauvées de l’abattoir. Une première mondiale. Peu de consommateurs le savent mais une poule peut vivre entre 6 et 10 ans. Or, normalement, les poules pondeuses sont envoyées à l’abattoir à 18 mois.

Au-delà de cet âge, elles deviennent moins productives et leurs pontes sont plus irrégulières. Une hérésie pour Sébastien Neusch, entrepreneur et designer, et son associé Fabien Sauleman. Les deux hommes décident alors de créer une marque d’œufs bio n’impliquant aucune souffrance animale.

600 000 œufs vendus à 1 euro l'unité 

"C’est un nouveau mode d’élevage", souligne Sébastien Neusch à Novethic. "On va plus loin que le bio et le plein air. On permet à nos éleveurs partenaires de ne pas envoyer leurs poules à l’abattoir en les recueillant dans une ferme dans le Limousin où elles pourront pondre à leur rythme. C’est une maison de retraite pour poules vieillissantes", explique-t-il.

Pour se maintenir à flot, le business model est simple : les œufs sont vendus deux fois plus chers qu’un œuf bio classique, soit 1 euro l’unité. Un prix élevé, permettant de financer la fin de vie des poules, qui semble avoir trouvé son public. "600 000 œufs ont été vendus", se félicite le cofondateur, "les consommateurs sont au rendez-vous".

Surtout depuis que la grande distribution commercialise leurs produits. Poulehouse a signé d’abord avec des enseignes spécialisées du bio comme Biocoop ou Naturalia pour s’ouvrir ensuite à des distributeurs tel qu’Intermarché, Monoprix ou Carrefour. Un vrai tremplin pour la petite marque dont l’ambition est de créer un nouveau label.

Un nouveau label pour un nouveau mode d'élevage

Aujourd’hui, les œufs sont marqués de 0 à 3 pour informer le consommateur sur le mode d’élevage de production des poules. 0 correspondant à une poule élevée en plein air et bio et 3 à une poule élevée en cage ou en batterie. Poulehouse voudrait créer un 0 + pour des œufs bio, en plein air, dont les poules ont été sauvées de l’abattoir.

Un autre débouché pourrait multiplier les ventes : les produits transformés. Nutritivement les œufs de poules vieillissantes n’ont rien à envier à leurs confrères, mais leur taille est plus grosse et leur coquille plus fragile. "Il pourrait être intégré dans des gâteaux ou des crêpes", espère Sébastien Neusch. 

Marina Fabre @fabre_marina 


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