Publié le 15 décembre 2022

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Boohoo, Shein, Asos… La plateforme de seconde main Vestiaire Collective élimine la fast fashion de son catalogue

Vestiaire Collective s’engage contre la fast fashion. La plateforme de vente et d’achat de seconde main a annoncé fin novembre le retrait d’une vingtaine de références de son site. Il s’agit de la première étape d’un plan défini sur trois ans pour appeler à une mode plus responsable et à une meilleure gestion des déchets textiles. Une décision qui permet également à l’entreprise française d’adresser une clientèle plus haut de gamme.

Seconde main vestiaire collective fast fashion pexel
Près d'une trentaine de marques d’ultra fast fashion ont d’ores et déjà été supprimées de la plateforme de Vestiaire Collective.
Pexel

C’est une décision pour le moins radicale. La plateforme de vente et d'achat de seconde main Vestiaire Collective a annoncé le 25 novembre dernier la suppression des marques de fast fashion de son catalogue. Une date qui n’a pas été choisie au hasard puisqu’il s’agissait du Black Friday, devenu ces dernières années un véritable symbole de la surconsommation. Grâce à un plan étalé sur trois ans, le portail de dépôt-vente en ligne espère ainsi se débarrasser de la mode jetable d’ici 2024.

"Nous faisons ce pas en avant parce que nous ne voulons en aucun cas être complices d’une industrie qui a un tel impact négatif, tant environnemental que social, argumente dans un communiqué Dounia Wone, Chief Sustainability & Inclusion Officer au sein de Vestiaire Collective. Le système actuel encourage la surproduction et la surconsommation de produits de mauvaise qualité et la mode génère une quantité impressionnante de déchet." La plateforme entame ainsi un "combat" pour faire évoluer, à son niveau, un secteur extrêmement polluant : 60% des articles de fast fashion termineraient leur vie jetés dans des décharges

Une charte contre la mode jetable

Dans les faits, Vestiaire Collective cible pour l’instant 27 marques d’ultra fast fashion, dont Shein, Topshop, Boohoo, Missguided ou encore Asos. Celles-ci ne sont d’ores et déjà plus disponibles sur le portail. D’autres grands noms de la mode rapide, comme Zara, devraient suivre. Pour cela, la plateforme compte s’appuyer sur une charte, qui reste encore à construire, évaluant trois axes principaux : les conditions de travail, la qualité des articles et l’empreinte carbone des enseignes. Les marques ne fournissant pas de résultats satisfaisants se verront supprimées du catalogue.

Deux annonces viennent compléter le plan révélé par Vestiaire Collective. Pour se passer complètement de la mode jetable, la plateforme s’engage à proposer des solutions concrètes à sa communauté pour l’orienter vers des pratiques plus responsables, comme l’upcycling ou le don. Elle va également collaborer avec la fondation The Or pour appeler à la mise en place d’un dispositif de Responsabilité élargie du producteur (REP) plus strict. Ce dernier, inspiré du principe de "pollueur payeur", impose aux fabricants la responsabilité de l’ensemble du cycle de vie d’un produit et de la gestion des déchets liés.

Une plateforme plus haut de gamme

Dire non à la mode jetable permet également au portail de seconde main de se concentrer sur son public cœur de cible. "Vestiaire Collective a toujours eu un positionnement haut de gamme, avec des pièces plutôt premiums, voire des pièces de luxe vintage, note Elodie Juge, Docteur en sciences de gestion à l’université de Lille et membre de la chaire Trend(s). Leur clientèle ne vient pas en majorité pour acheter de la fast fashion." Si elle reconnaît une mesure "engagée", la spécialiste des plateformes d’occasion craint un "effet d’annonce". "C’est une décision plus facile à prendre pour Vestiaire Collective, que pour Leboncoin ou Vinted par exemple", précise-t-elle. 

La fast fashion devrait en effet avoir encore de beaux jours dans les circuits de seconde main. Et les marques l’ont bien compris. De plus en plus d’entre elles tentent de capter une part de la clientèle de ce secteur en pleine expansion, à l’image de Zara et Shein qui ont toutes deux lancé cet automne leur propres plateformes de revente. D’après une étude menée par la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) et KPMG, en 2021, le marché mondial de la mode et du luxe de seconde main était estimé à 34 milliards d’euros.

Florine Morestin


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