Publié le 11 juillet 2019

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Sponsoring des JO 2024 : refus de Total mais acceptation de McDonald's...les critiques fusent sur les choix de Paris

Le chef de l'État tape du poing sur la table. Alors que la maire de Paris Anne Hildalgo a décidé de ne pas retenir Total comme sponsor des Jeux Olympiques 2024 car trop polluant, Emmanuel Macron dénonce les "leçons de morale" de l'édile. D'autant que McDonald's et Coca font partie des sponsors, rajoute le maire de Troyes François Baroin. Total, lui, ne compte de toutes façons pas revenir dans la course. 

Paris veut que les Jeux olympiques de 2024 deviennent les plus verts de l'histoire.
@Paris2024

Bras de fer entre Emmanuel Macron et Anne Hidalgo. Après discussions avec Total, la maire de Paris a en effet décidé de ne pas retenir le groupe pétrolier comme sponsors des jeux olympiques que la capitale organisera en 2024.

L’édile a estimé que les citoyens ne comprendraient pas qu’une entreprise avec une forte empreinte environnementale, via l’usage de fossile, soit associée aux JO annoncés comme les plus écolos de l’histoire. Total s’est donc retiré de la course début juin, Patrick Pouyanné, son PDG, ne désirant pas devenir un sponsor cloué au pilori.

"Ce n'est pas une bonne idée", défend Emmanuel Macron

Mais cette décision ne plaît pas au Président de la République et il l’a fait savoir. "Ce n’est pas une bonne idée", a jugé Emmanuel Macron sur France info, dénonçant les "leçons de morale" de la maire. "Qu’il y ait des entreprises qui polluent, c’est le cas mais je ne vais pas expliquer à tous les salariés de Total en France qu’ils ont un travail qui n’est pas digne. Il faut aider Total à s’engager dans une politique de transition énergétique". Et de s’inquiéter pour le budget JO 2024 qui pourrait descendre dans le rouge.

Le chef de l’État a reçu le soutien de François Baroin, président LR de l’Association des maires de France. Ce dernier a invité tous les sponsors à "revenir autour de la table" et a dénoncé l’incohérence d’Anne Hidalgo. "On ne peut pas stigmatiser une entreprise (Total, NDR) comme celle-ci, lui dire qu’elle n’a pas sa place aux JO alors que McDonald’s ou Coca sont des partenaires traditionnels et je n’ai pas le sentiment qu’ils soient des acteurs de la protection de la planète matin midi et soir", a taclé le maire de Troyes.

Du sponsoring pour se "racheter une image"

Malgré ces critiques, la mairie de Paris maintient sa position. Et Total n’envisage pas de revenir. "Il n’y a pas de polémique avec Anne Hidalgo, je respecte les avis de chacun", a expliqué Patrick Pouyanné, "On parlait d’un engagement très important pour le groupe : plus de 100 millions d’euros (…) Il n’était pas question à mes yeux que Total puisse être le sponsor des Jeux olympiques de Paris contre l’avis de la mairie". 

Le financement de Total via du mécénat ou du sponsoring d’événements majeurs pose question depuis longtemps. En janvier 2017, l’ONG 350.org avait par exemple appelé le Louvre à mettre fin à son partenariat avec Total dénonçant le "double jeu" et la "posture" de l’entreprise qui "s’achète une image verte et une image d’entreprise responsable". 

Marina Fabre, @fabre_marina


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Entreprises controversées

Quand elles commettent des violations graves et répétées de conventions internationales, les entreprises sont dites controversées. Cela signifie qu’elles peuvent être mises sur des listes noires d’investisseurs et attaquées par des ONG sous des formes diverses.

Carlos Ghosn Renault retraite Liban JosephEid AFP

Aux prud'hommes, Carlos Ghosn réclame 250 000 euros de retraite à Renault

En plein débat sur la réforme des retraites en France, Carlos Ghosn est bien décidé à recevoir la sienne au titre de ses années chez Renault. Il y a en jeu 250 000 euros, que la marque refuse de verser à son ancien parton.

Village palestinien de Nahalin et le bloc de colonies de Gush Etzion What 4

Une liste de 112 sociétés liées aux colonies israéliennes publiée par l’ONU

L’ONU a publié mercredi 12 février le nom de 112 sociétés ayant des activités dans les colonies israéliennes, considérées comme illégales par le droit international. Cette liste, annoncée il y a quatre ans, inclut Alstom, Airbnb, Expedia et TripAdvisor. Cette logique de "name and shame" dans le...

Sanofi mis en examen dans le scandale de la Dépakine

Après plus de trois années d'enquête, les juges chargés de l'enquête sur la commercialisation de l'antiépileptique Dépakine ont mis Sanofi en examen pour "tromperie aggravée et "blessures involontaires", a annoncé le groupe pharmaceutique lundi 3 février.

France Telecom Dider Lombard LionelBonaventure AFP

[Décryptage] France Telecom : la justice consacre le harcèlement institutionnel

Les trois anciens dirigeants de France Telecom, PDG, numéro 2 et DRH ont été condamnés le 20 décembre à la peine maximale pour harcèlement moral : un an de prison et 15 000 euros d'amende. La justice consacre ainsi le "harcèlement institutionnel" qui a fait une quarantaine de victimes dont 19...