Publié le 16 janvier 2019

ENVIRONNEMENT

[Danger plastique] 5 raisons qui montrent que le plastique a encore de beaux jours devant lui

Le plastique n'a pas encore signé son arrêt de mort. Sa légèreté, sa grande résistance et l’explosion de la demande dans les pays en développement font encore de cette matière un élément indispensable dans un futur proche. Face au danger mortel qu’est le plastique pour l’environnement et la biodiversité, Novethic vous propose chaque semaine de découvrir une nouvelle facette de ce matériau omniprésent.

Les propriétés du plastique en font une matière encore indispensable dans de nombreux secteurs, particulièrement dans l'automobile.
©Trodler

La fin du plastique est-elle proche ? De plus en plus de citoyens semblent s’en détourner, en témoignent les Plastic Attack, mouvement qui consiste à faire ses courses en supermarché en laissant sur place tous les suremballages non nécessaires, ou la tendance au zéro déchet. Mais malgré cette prise de conscience, le plastique a encore de beaux jours devant lui.

 

1. L’incroyable légèreté du plastique

Sa légèreté est un de ces principaux atouts. C’est pourquoi les gros avions comme le Boeing 787 et l’Airbus 350 sont "composés à 50 % de matériaux plastiques qui allègent leur poids et donc leur consommation de kérosène", explique à Europe 1 Michel Loubry, directeur général de Plastics Europe. Difficile de remplacer ce matériau par un autre sans que le transport aérien alourdisse encore plus son impact carbone. Ce secteur représente aujourd’hui 2/3 % des émissions de CO2 mondiales

2. La demande des pays en développement va exploser

"Bien que des augmentations substantielles du recyclage et des efforts visant à réduire les plastiques à usage unique soient prévus, en particulier en Europe, au Japon et en Corée, ces efforts seront largement contrebalancés par les pays en développement augmentant forcément leurs parts de plastique". Voilà la conclusion d’un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie (IAE). Or aujourd’hui, les États-Unis et l’Europe utilisent jusqu’à 20 fois plus de plastique que l’Inde et l’Indonésie par habitant. Pour répondre à la demande, l'IAE prévoit une augmentation de 60 % de la production pétrochimique d'ici 2050. 

3. Les lobbys du plastique sont puissants

C’est une décision inédite qu’a prise l’Union européenne en décembre dernier. À partir de 2021, elle va interdire, sur tout le territoire, les plastiques à usage unique. Fini les assiettes et couverts en plastique, les coton-tiges, les pailles, les touillettes… Pourtant la décision a été retardée par le lobby du plastique, déjà à l'oeuvre lors de l'interdiction des sacs plastiques, accusent les associations. Selon une récente enquête de Cash Investigation, les industriels utilisent aujourd'hui des techniques subtiles mais redoutablement efficaces. En soutenant publiquement des campagnes de collecte et de recyclage, il s'agirait de détourner le problème de la production même du plastique. Et d'éviter que les députés prennent des solutions plus radicales.

4. Les voitures de demain sont déjà en plastique

Aujourd’hui, la moitié des volumes de plastique produits pour l’automobile sont utilisés en majorité pour la carrosserie mais aussi pour les pièces situées dans l’habitacle. Et cela va s’intensifier pour les voitures de demain, les autonomes, électriques et connectées. D’abord avec la plastronique qui allie intelligence artificielle et pièces plastiques mais aussi grâce à des innovations qui rendent le plastique plus résistant aux contraintes thermiques. "L’adoption du plastique s’accroît dans l’automobile, avec notamment le développement des polymères chargés et des polymères à haute tenue de température", explique à Info Chimie Louis David, expert en matériaux chez PSA. 

5. Le plastique recyclé ne trouve pas de débouché

L’objectif du gouvernement est clair : atteindre 100 % de plastique recyclé en 2025. Un objectif quasi impossible à atteindre, selon les industriels du plastique. D’autant que la France n'en recycle actuellement que 21 %. Mais surtout, actuellement le plastique recyclé trouve peu de débouchés. Plusieurs entreprises comme Renault ou Schneider se sont engagées à en incorporer davantage dans leur production dans les années à venir. Mais cette pratique reste minoritaire car elle suppose l’utilisation de nouvelles machines de production, une amélioration des capacités du plastique recyclé ainsi qu'un assouplissement des normes, notamment dans la bâtiment. 

Marina Fabre @fabre_marina


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