Publié le 11 septembre 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

[Le monde selon Hulot] Diamants synthétiques, or éthique… L’industrie minière peut briller autrement

Épisode 2/5 - Lors de sa démission, Nicolas Hulot a confessé sa solitude et son incapacité à mettre en marche un nouveau modèle. Mais dans plusieurs secteurs des entreprises montrent la voie et influencent la stratégie des grands groupes. Entre Courbet, Paulette à Bicyclette ou même les géants De Beers et Chopard, l’heure est au changement dans l'industrie minière. 

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Même les industries les plus polluantes et controversées peuvent changer de modèle, la preuve avec Courbet ou Chopard.
Pixabay

Travailler l’or, sans avoir les mains sales. Voilà ce que souhaitait réaliser Hélène Grassin, fondatrice de Paulette à Bicyclette, une marque de bijoux éthique. En 2014, au moment où le monde de la joaillerie est encore bien éloigné de ces préoccupations, elle se lance dans l’aventure et propose à sa clientèle des bijoux à 92 % en or équitable, les 8% restants sont issus d’or recyclé. 

Chopard : la maison en or éthique 

Aujourd’hui, même les plus grands s’y mettent. Sur le stand Chopard des Galeries Lafayette une pancarte "or éthique" domine. La célèbre Maison suisse de bijoux s’approvisionne désormais à 100 % en or éthique pour ses créations. Elle veut faire voyager ses clients vers un "luxe responsable". L’or est labellisé Fairmined, il assure des conditions de travail, de rémunération et de vie décentes pour les travailleurs de mines artisanales. Mais l’offre est encore si peu développée que Chopard se tourne également vers le recyclage et l’association RJC, Responsible Jewellery Council, qui certifie également de l’or responsable.

Car cette ressource cause d’importants dégâts environnementaux et sociétaux : travail des enfants, déforestation, trafic… difficile d’y échapper. L’orpaillage illégal est d’ailleurs, selon le WWF, le "principal fléau social, sanitaire et environnemental" en Guyane par exemple. Les forêts sont dévastées, les rivières détruites et les populations menacées et contaminées par le mercure, substance qui sert à séparer l’or du minerai.

Les diamants synthétiques, une alternative naissante 

La prise de conscience des acteurs de l’or semble aussi s’étendre au secteur du diamant. Fait exceptionnel sur la célèbre place Vendôme à Paris, la marque Courbet propose désormais des diamants synthétiques, symbole d’un nouveau monde. Son nom : Courbet.

"Les plus gros trous faits par l’Homme sur la Terre sont des mines de diamants", explique Manuel Mallen, président de la marque. Contrairement aux diamants traditionnels qui demandent de creuser pour aller chercher le minerai, le synthétique est réalisé en laboratoire, réduisant ainsi considérablement leur impact environnemental. À l’oeil nu il est impossible de les différencier. 

De Beers s'y met 

Si le secteur ne représente aujourd’hui que 2 % du marché, plusieurs experts estiment qu’ils pourraient atteindre 10 % d’ici 2030. Et même le géant De Beers, qui fustigé ces "faux" diamants il y a encore quelques années, est entré dans la danse. Fin juin, le plus grand producteur minier de diamants a ainsi annoncé la commercialisation de gemmes synthétiques via une nouvelle marque baptisée Ligthbox.

Outre le poids environnemental qui a séduit la marque, c’est aussi son prix qui a pesé dans la balance. Ces diamants sont en moyenne vendus 30 % moins chers que ceux sortis des entrailles de la Terre. De quoi donner des ailes plus propres à ce marché naissant. 

Marina Fabre @fabre_marina

Retrouver les épisodes précédents :

[Le monde selon Hulot] Une alimentation durable est possible, ces entreprises le prouvent déjà 

 


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