Publié le 05 juin 2015

EMPREINTE TERRE

G7 : L’Allemagne veut une assurance-climat pour les pays émergents

Comment soutenir les pays émergents dans leurs nécessaires adaptations au changement climatique ? Par la création d’une assurance-climat, répond l’Allemagne, qui vient de débloquer 150 millions d’euros à cet effet. L’initiative de Berlin figurera en tête des priorités lors du prochain sommet du G7, les 7 et 8 juin à Elmau, en Bavière. Un sommet qui a pour principal objectif de préparer la conférence climatique de Paris en décembre prochain.

Le château d’Elmau, en Bavière, qui accueillera le G7 les 7 et 8 juin prochain.
Lennart Preiss / Getty Images Europe / AFP

Les représentants des pays émergents, présents à la nouvelle session de négociations à Bonn, n’ont de cesse de souligner combien la question de l’adaptation au changement climatique est cruciale pour eux. Parce qu’il en va de leurs sécurités alimentaires. De fait, ce sont les pays les plus vulnérables économiquement qui se trouvent être les plus affectés par le dérèglement climatique.

 

L’assurance-climat, outil d’adaptation au changement climatique...

 

Et c’est dans ce contexte, c’est-à-dire celui de la place des mesures d’adaptation dans les négociations onusiennes, que s’inscrit le concept d’assurance-climat que Berlin veut promouvoir durant le G7.

Quelle est l’idée ? "Que les victimes d’évènements météorologiques extrêmes dans les pays émergents puissent bénéficier d’une couverture financière. Trop souvent, une fois l’ouragan ou les inondations passées, elles se retrouvent complètement démunies et sont financièrement incapables de reconstruire quoi que ce soit" explique Sönke Kreft, de l’ONG allemande Germanwatch. Il a participé à l’élaboration du concept, à l’invitation du Ministère allemand de l’aide au développement, qui a organisé des sessions de travail sur le sujet.

Autour de la table se sont retrouvés les grands noms de l’assurance allemande (Allianz et Munich Re), plusieurs instances gouvernementales et des ONG dont Germanwatch : "Il s’agit clairement d’un instrument d’adaptation. Les effets du changement climatique se font déjà sentir et il s’agit d’y répondre de la manière la plus rapide et la plus efficace possible. C’est le principe moteur de l’assurance-climat".

 

... et mécanisme de solidarité nord-sud

 

Le concept n’est pas nouveau. Il a vu le jour en 2005 via la création de la Munich Climate Insurance Initiative (MCII) et s’est développé depuis. "Il s’agit d’une coopération entre acteurs privés et acteurs publics" poursuit Sönke Kreft, "parce qu’il est clair que les personnes les plus vulnérables économiquement ne peuvent s’offrir des assurances. Pas plus que les États victimes du réchauffement climatique. Une assurance-climat, c’est un moyen pour les pays développés de prendre leurs responsabilités et de participer au financement de la lutte contre le réchauffement climatique".  

Comment ça marche ? Exemple avec l’île de Sainte-Lucie, dans les Caraïbes : en 2013, aux environs de noël, des trombes d’eau sont tombées dans des régions du Nord et du Sud de l’île, provoquant d’importants dégâts. Moins de deux semaines après, le 7 janvier 2014 précisément, les sinistrés bénéficiaient des primes des assurances-climat et pouvaient de suite entamer les travaux de reconstruction.

De fait, les habitants de l’île ne se sont pas retrouvés tributaires de dons venant de l’étranger, mais ont bel et bien pu bénéficier des avantages d’un programme préventif, en l’occurrence le Livelihood Protection Policy, une assurance créée par le Ministère allemand de l’aide au développement et du MCII.

C’est avec ces arguments que Berlin entend convaincre les membres du G7 du bien-fondé d’une assurance-climat. Sönke Kreft estime que "les chances sont bonnes pour que le concept soit officiellement soutenu par le G7". Avant d’ajouter : "Maintenant, toute la question réside dans sa mise en oeuvre".

Claire Stam
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