Publié le 28 janvier 2020

SOCIAL

Sucre, additif, graisse… Les industriels de la confiserie entament une cure d’amaigrissement

Pour plaire davantage aux nouveaux consommateurs, les fabricants de confiseries s'échinent à modifier les recettes de leurs friandises. MM's va éliminer le dioxyde de titane, Carambar va réduire les graisses animales dans certains bonbons, Haribo le sucre... Le secteur change. Reste à connaître l'impact sanitaire des produits de remplacements. 

Sans sucre vegan bio sans additif les bonbons changent
Carambar & Co propose désormais des Krema Bio, avec "des arômes naturels" et "surtout sans gélatine"
CC0

Sensibilisés par les campagnes contre l’obésité, la diffusion des recommandations nutritionnelles, le Nutriscore, les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la composition des aliments. Et le secteur de la confiserie catalyse les excès rejetés par ces derniers : des produits trop sucrés, trop caloriques, trop chimiques. "La confiserie paie le sucre-bashing (le lynchage du sucre, ndr), le manque de naturalité et une communication insuffisante. Il n’y aura pas de retour en arrière", avance, dans les Échos, le président de Carambar&Co, Thierry Gaillard.

En cinq ans, le chiffre d’affaires des confiseries en grandes surfaces en France a baissé de 6,8 % pour atteindre 1,357 milliard d’euros en 2019, évalue l’Institut IRI. Pour répondre aux attentes des consommateurs, les entreprises du secteur ont entamé une vraie cure d’amaigrissement. Et cela semble payer. Selon le syndicat de la confiserie, en 2019, les ventes ont retrouvé une croissance de 1,6 %.

Les industriels misent sur les innovations

Carambar&Co propose désormais des Krema Bio, avec "des arômes naturels" et "surtout sans gélatine". Il commercialise des tablettes Poulain au chocolat au lait bio avec 30 % de sucre en moins et de la poudre de chocolat dans lequel le cacao a remplacé un tiers du sucre. Même démarche pour son concurrent allemand Haribo, qui a utilisé de la fibre naturelle de maïs pour baisser de 30 % le sucre de ses Fruitilicious. "Il y a une demande constate pour remplacer les ingrédients artificiels par des ingrédients naturels poussant les fabricants à commercialiser des produits "sans" pour renforcer la confiance des consommateurs", note le cabinet HTF Market Intelligence qui a publié une enquête sur le marché mondial des confiseries en 2019.

Le géant Mondelez International qui détient Oreo, Toblerone ou encore les chewing-gum Hollywood, vient de breveter un process permettant d’utiliser les fibres de maïs solubles pour aider à réduire la teneur en sucre dans ses confiseries à base de chocolat. Nestlé s’est aussi engagé dans la bataille en brevetant une technique d’utilisation de la pulpe de cacao pour sucrer le chocolat. Mars a investi 44 millions d’euros dans une de ses usines alsaciennes pour remplacer le dioxyde de titane présent dans ses M&M’s par de l’amidon de riz. Cet additif alimentaire, qui sert à donner de la brillance aux billes de chocolat, est interdit en France depuis le 1er janvier.

Reste que ce virage entamé par les fabricants de confiserie est surveillé de très près par les associations. Les industriels ont tendance à remplacer le sucre par des édulcorants dont les effets sur la santé ne sont pas encore clairement établis. "On joue aux apprentis sorciers : on ne connaît pas encore suffisamment bien leurs effets, notamment les effets cocktails", évoque à BFM TV Stéfane Guilbaud, formateur en changement de comportements alimentaires. "Mais on sait déjà que c’est irritant pour le côlon. À long terme, cela pourrait-il avoir des conséquences plus graves", s’interroge-t-il. 

Marina Fabre, @fabre_marina


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