Publié le 18 mai 2021

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Vinted enregistre une nouvelle levée de fonds record et symbolise le succès croissant du vêtement d'occasion

La star des vêtements d'occasion, Vinted, poursuit son ascension. L'entreprise vient de réaliser une nouvelle levée de fonds record avec 250 millions d'euros, passant ainsi le cap des 3,5 milliards d'euros de valorisation. La success story de cette entreprise lituanienne, dont le premier marché est l'Hexagone, n'est que la partie émergée de l'iceberg. À l’instar de La Redoute, Camaïeu ou Pimkie, c'est tout le secteur de la mode qui prend le virage de la "seconde main".

Vetements occasion urfinguss istock
La vente de vêtement d'occasion est devenue, en quelques années, incontournables pour les enseignes.
urfinguss / Istock

[Mise à jour le 18 mai] Rien ne semble arrêter l’ascension de Vinted, et surtout pas la crise sanitaire. Le champion de la vente en ligne de vêtements de seconde main a annoncé le 12 mai avoir réalisé une nouvelle levée de fonds XXL. L’entreprise lituanienne, qui revendique "plus de 45 millions de membres dans le monde", a ainsi levé 250 millions d’euros après avoir levé 128 millions d’euros en 2019. Cette "licorne", terme désignant les startups dont la valorisation dépasse un milliard de dollars, est aujourd’hui valorisée à 3,5 milliards de dollars.

"Ce nouvel investissement permettra de soutenir l’expansion du bureau Vinted à Berlin, qui accueillera ses équipes centrales, notamment dans les domaines de l’ingénierie et du développement produit", a fait valoir l’entreprise. Aujourd’hui, Vinted est présent dans plus de 13 pays dont la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Le groupe vise une expansion "vers de nouvelles zones géographiques, en Europe et au-delà". Au cours de l’année, Vinted affirme avoir augmenté "d’environ 75 %" ses équipes.

Si certains secteurs - le tourisme, la restauration, l’aviation - se sont effondrés avec pandémie de Covid-19, le marché de l’occasion, déjà en plein boom, a poursuivi son accélération dans le commerce en ligne. Les consommateurs, confinés, ont fait le tri dans leur placard pour arrondir leurs fins de mois et acheter vestes, chemises, pantalons d’occasion, avec la sensation d’avoir réalisé un geste écologique pour la planète. Malgré les critiques, accusant la plateforme de pousser les clientes à consommer toujours plus, à spéculer loin de toute préoccupation écologique, Vinted plait. L’Hexagone est d’ailleurs le premier marché de l’entreprise malgré un nouveau risque réputationnel. L'entreprise vient d'être assignée en justice par l'association UFC-Que-Choisir pour pratique commerciale trompeuse. Reste que le seconde main est une tendance de fond. 

Une tendance de fond

De nombreux acteurs s’engouffrent dans cette brèche, de plus en plus grande, du marché de la seconde main. La marque La Redoute, a ainsi lancé La Reboucle en décembre dernier. Les consommateurs peuvent acheter ou revendre des vêtements et des meubles directement sur cette nouvelle plateforme. Gemo, Camaïeu, Promod ou Eram, toutes les enseignes suivent le mouvement. La dernière en date : Pimkie. La marque pour adolescentes s’est associée au groupe Eureka pour proposer des vêtements d’occasion au poids. Même la grande distribution s’y met. 

Preuve du succès de cette tendance, la startup Vestiaire Collective a levé le 1er mars 178 millions d’euros la faisant basculer dans le cercle restreint des licornes françaises. "Le luxe de seconde main est désormais une tendance réelle et profonde, en particulier parmi les jeunes consommateurs", a déclaré François-Henri Pinault, PDG de Kering dont le groupe est représenté au conseil d’administration de Vestiaire Collective. Le Boston Group, qui a conduit une étude de marché pour Vestiaire Collective estime qu’aujourd’hui, le secteur pèse aujourd’hui entre 24 et 34 milliards d’euros, soit seulement 2 % du marché textile mais il, il devrait croître de 15 à 30 % par an au cours des cinq prochaines années. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP


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