Publié le 22 décembre 2020

SOCIAL

[Anticipation] Et si la France créait une sécurité sociale de l'alimentation

Au sortir de la pandémie interminable de Covid-19, en 2025, la France est à genoux. La pauvreté n’a jamais été aussi massive, et la crise de la faim se répand dans tout le pays. L’Hexagone décide alors de revenir à ses valeurs fondamentales et crée, pour la première fois dans le monde, une sécurité sociale de l’alimentation. En cette période de fêtes, Novethic vous propose une série de récits prospectifs inspirés de cette année pas comme les autres.

Paniers legumes iStock piyaset
Dans un futur proche, la sécurité sociale de l'alimentation permet, avec sa carte vitale, d'acheter 150 euros par mois de légumes frais bio en circuit court.
piyaset / Istock

Cela a commencé par les chèques alimentaires. On ne le savait pas encore, en 2020, mais ces chèques ont constitué le premier pas vers l’instauration d’une sécurité sociale de l’alimentation (SSA) cinq ans plus tard. Le déclencheur ? Le Covid-19. Ce virus tristement célèbre a frappé le monde entier et plongé des millions de personnes dans la pauvreté. En France, pour répondre à la crise, le Président Emmanuel Macron a décidé de lancer les chèques alimentaires. Ces derniers avaient un double effet : permettre aux plus démunis de manger et booster les filières agricoles responsables, les chèques étant réservés aux produits bio et agroécologiques. 

Mais très vite, face au lobbying de certains agriculteurs conventionnels, se sentant discriminés par cette réforme, la mesure a été supprimée. Il a fallu attendre 5 ans pour que la France prenne un virage radical dans sa politique agroalimentaire. Cinq longues années pendant lesquelles elle a subi des vagues terriblement meurtrières de Covid-19, doublées d’événements météorologiques extrêmes. La situation était telle qu’un changement de modèle était inévitable. Elle a donc fouillé dans son passé pour en ressortir le meilleur et a redécouvert les bienfaits de la sécurité sociale.

Les paysans deviennent des médecins

Ce progrès, né après la Seconde guerre mondiale pour assurer à tous les Français des moyens d’existence, a été étendu. La France, unie dans son malheur, a ainsi été la première au monde à créer une sécurité sociale de l’alimentation en 2025. Les paysans d’hier sont devenus les médecins de demain. 

Chaque citoyen est désormais habitué à sortir sa carte vitale pour payer en caisse. Des radis, des poireaux, des pommes de terre… tout est remboursé par la sécurité sociale de l’alimentation. Pendant des années, ce système a montré ses bienfaits. Mais bientôt, les erreurs du passé ont ressurgi et l’amnésie générale s’est emparée de l’Hexagone. Coupes budgétaires, réforme du financement du dispositif, conditions drastiques pour en bénéficier… la SSA a été vidée de sa substance. Pire, elle a été dévoyée. 

Les critères d’attribution étant flous et les contrôles trop peu nombreux, les bigs A, ces géants qui ont mangé la grande distribution en quelques bouchées, se sont, année après année, retrouvés numéro 1 des bénéficiaires de ce système. Ils ont créé un marché parallèle de contrefaçon contre lequel l’État français n’a pas su s’armer. Devant les scandales dévoilés par la presse, la SSA est devenue un bouc émissaire dont il est devenu aujourd’hui difficile de trouver des bienfaits.

Marina Fabre, @fabre_marina


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