Publié le 03 juillet 2018

SOCIAL

Bénéfice en baisse pour H&M, la fast fashion à bout de souffle

H&M, symbole de la fast fashion, ne parvient plus à écouler ses stocks. Le groupe, dont le modèle économique est basé sur les prix bas et les gros volumes, accuse une baisse de 22 % de son bénéfice de mars à mai 2018. Au contraire de Zara, leader du prêt-à-porter qui a fait le choix de collections plus ciblées et tendances, en petites quantités, un modèle plus durable. 

La marque suédoise a ouvert le 20 juin son plus grand magasin en France, près des Galeries Lafayette.
@H&M

C’est l’emblème de la fast fashion qui est touché. H&M, le géant du prêt-à-porter, accuse un repli de 22 % de son bénéfice avant impôts entre mars et mai 2018. Le numéro deux mondial de l'habillement affiche également un recul de ses ventes dans trois de ses plus gros marchés. Aux États-Unis, il chute de 13 %, en Allemagne de 2 % et en France de 5 %. En cause, des surstocks.

4 milliards d'euros d'invendus 

En mars, l’agence Bloomberg et le New York Times avaient évalué une augmentation de 13 % des stocks du groupe en seulement un an. En tout, H & M avait sur les bras plus de 4 milliards de dollars d’invendus. "Nous avons signalé au premier trimestre que cela allait être difficile. Nous sommes entrés dans le deuxième trimestre avec trop de stock (…) nous allons le corriger progressivement", a déclaré le directeur général, Karl-Johan Persson.

"Karl-Johan Persson continue de parler de tendances positives, mais les résultats montrent quelque chose de différent malheureusement, une vraie déception", écrit sur Twitter Joakim Bornold, analyste de Nordnet. "Pas de lumière au bout du tunnel pour H&M", assure-t-il.

Mais surtout, elle a fondé son business model sur des prix bas et de gros volumes, contrairement à Zara, leader de la fast fashion, qui a misé sur des petits volumes très ciblés. Sa maison mère, Inditex, a ainsi affiché un bénéfice net de 7 % en 2017.

Zara produit moins et mieux 

"Zara produit mieux. Ils n’ont pas de surstock, ils sont très réactifs sur les tendances. Et ils fabriquent leurs vêtements au Portugal ou en Espagne, contrairement au reste de la fast fashion qui privilégient l’Asie pour ses bas coûts", explique Valérie Moatti, professeure à l’école ESCP Europe. "Le modèle de Zara est naturellement plus durable", ajoute la directrice de la chaire mode et technologie.

De plus, H&M a souvent été pointé du doigt pour des violations des droits humains et des droits des travailleurs dans les usines de sa chaîne d'approvisionnement. De même, il a été accusé d'avoir brûlé des centaines de tonnes d'invendus vestimentaires. Pourtant, les experts insistent, H&M a entamé un véritable virage éthique depuis quelques années. 

Un magasin responsable

Il a notamment lancé sa ligne Conscious, produite à partir de coton éthique. Il a également développé une collecte écoresponsable pour recycler les vêtements. Il affiche clairement cette nouvelle stratégie qui lui permettra de se démarquer des marques au très bas prix comme Primark, qui le concurrence.

Symbole de cette transition, le groupe a ouvert, le 20 juin dernier, à quelques mètres des Galeries Lafayette, son plus grand magasin de l’Hexagone. Il y a dévoilé son nouveau concept phare "Take Care", "Prendre soin" en français. Le groupe va proposer à ses clients des ateliers de couture et de broderie pour allonger la durée de vie des vêtements. La marque propose aussi des produits naturels pour les vêtements comme des shampoings ou des teintes. "H&M axe sa redirection dans la bonne voie, très loin du modèle low cost", estime Valérie Moatti. 

Cette mue responsable ne sera toutefois pas forcément suffisante pour redresser les comptes. En effet, la marque suédoise a raté le virage du numérique. Elle se retrouve en difficulté face à des pure players comme Amazon. H&M travaille déjà sur un service de livraison dès le lendemain de la commande. 

Marina Fabre @fabre_marina


© 2021 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

SOCIAL

Consommation

Produits verts, bio, issus du commerce équitable ou made in France….les marques multiplient les produits vendus comme écologiques, durables et responsables et les consommateurs prennent conscience de l’impact de leur choix sur l’environnement. Ces nouvelles pratiques de consommation doivent reposer sur des labels crédibles.

Journees europeennes Patrimoine

Journée du patrimoine : cinq lieux à découvrir de toute urgence

À la découverte de sites d'exception ! Du samedi 18 au dimanche 19 septembre, des centaines de monuments vont ouvrir leurs portes aux citoyens. Patrimoine industriel, naturel, social... Novethic a sélectionné cinq visites à réaliser sans attendre.

Empreinte carbone carbonfact

Découvrez Carbonfact, le futur Wikipédia de l’empreinte carbone de nos produits

La nouvelle plateforme Carbonfact, créée début juillet, veut donner la possibilité aux consommateurs de connaître l'empreinte carbone des produits qu'ils achètent, tout comme ils connaissent leur prix. Transparence et comparabilité sont les maîtres clés de Carbonfact qui ambitionne ainsi de devenir...

Alimentation metaux lourds Louis Hansel on Unsplash

Mercure, cuivre, arsenic… Les Français sont tous exposés aux métaux lourds

Les métaux lourds sont présents dans l'organisme de la quasi-totalité de la population française, enfant compris. Mercure, cuivre, nickel, chrome… Ces métaux sont très néfastes pour la santé. L'une des principales sources d'exposition identifiée par une nouvelle enquête de Santé publique France est...

Cestquilepatron

"C'est qui le patron" : avec l'explosion des ventes, le modèle de la marque des consommateurs est devenue une référence

C'est qui le patron a franchi la barre des 100 millions de briques de lait vendues chez Carrefour. Le seuil est symbolique mais il indique combien la marque, qui rémunère au juste prix les producteurs, est devenue incontournable en seulement quatre ans. Prise en exemple par Emmanuel Macron pour...