Publié le 12 février 2020

SOCIAL

Affichage environnemental : bientôt une note pour évaluer les vêtements

C'est une mesure passée un peu inaperçue dans la loi économie circulaire. Elle plébiscite la mise en place d'un affichage environnemental, une note de A à E sur les vêtements qui prend en compte tout leur cycle de vie. Des pionniers comme Décathlon et Okaïdi travaillent depuis plusieurs années sur ce système de notation avec l'Ademe. L'enjeu est désormais de changer d'échelle pour que la France endosse un rôle de leader au sein de l'Union européenne.

Brune poirson affichage environnemental textile
L'objectif est d'informer les consommateurs de l'impact environnemental des vêtements qu'ils achètent.
Ministère

Noter les vêtements de A à E en fonction de leur impact environnemental, c’est l’ambition d’une nouvelle mesure émanant de la loi sur l’économie circulaire adoptée fin janvier. L’industrie textile "plus polluante que le transport aérien et maritime", selon la secrétaire d’État à la Transition écologique Brune Poirson, va devoir s’atteler à la tâche. Pendant 18 mois, le secteur va expérimenter ce nouvel étiquetage, "une vraie source d’opportunité", croit la Ministre.

Quelques marques se sont déjà lancées dans cette dynamique comme Décathlon et Okaïdi avec l’aide de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Après plusieurs années de travail, Décathlon propose une note pour 61 % de ses produits en ligne et en magasin. L’ensemble du cycle de vie du produit est évalué, de sa conception à sa production, son usage et sa fin de vie. "On est partis d’un affichage complexe qu’on a fait évoluer", explique Raffaele Duby, responsable Environnement / éco conception chez Decathlon. Mais le chemin est semé d’embûches.

Chez Okaïdi, 10 % seulement des produits sont notés alors que l’entreprise s’est engagée pleinement dans la démarche. "On rencontre des difficultés sur la volatilité des collections. Cela montre aussi qu’on a besoin de stabiliser notre industrie. Si on change de mode de transport par exemple, on change de note", avance Séverine Mareels, directrice RSE de la marque de vêtements pour enfants.

"C’est l’opportunité pour la France d’avoir un rôle de leader"

S’engager dans cette démarche peut s’avérer compliquer mais harmoniser les critères et la méthodologie va permettre de guider les entreprises du secteur. "Il y a trois grandes étapes pour les entreprises : la collecte des données, l’évaluation environnementale et l’analyse des résultats qui permettront de donner une note finale", décrypte Raphaël Guastavi, chef de projet à l’Ademe.

Inspirées par les retours d’expérience de Décathlon et Okaïdi, plusieurs marques se disent intéressées. Pour certains comme l’enseigne Gémo il s’agit de "structurer la démarche en interne", pour la marque de baskets Veja c’est "l’opportunité de connaître notre impact et d’identifier les axes d’amélioration". Pour d’autres, comme la marque Aigle, c’est un enjeu de communication. "On ne sait pas parler de nos pratiques", explique Sandrine Conseiller, présidente du groupe.

Au-delà de la nécessité de répondre aux attentes des consommateurs, ce système d’évaluation est un "enjeu économique", défend la ministre. "C’est l’opportunité pour la France d’avoir un rôle de leader", ajoute-t-elle. La Commission européenne planche en effet sur le Product Environnemental Footprint, un outil qui mesure l’empreinte environnementale des marques. La France, qui a lancé cette dynamique, compte maintenir sa position et défendre son système d'évaluation pour l'étendre dans toute la zone. "Ceux qui s’engagent aujourd’hui auront demain un avantage majeur avant que l'UE ne leur impose cet étiquetage", prévient Brune Poirson. 

Marina Fabre, @fabre_marina


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