Publié le 03 octobre 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

[Objectif RSE] Décathlon utilise l’affichage environnemental comme outil de dialogue avec ses parties prenantes

Comment mieux diffuser la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) en interne et dans son écosystème ? Cette question, toutes les entreprises engagées se la posent. Novethic a recensé des bonnes pratiques, réplicables, mises en place par les grands acteurs de l'économie, qui ont fait leurs preuves. Aujourd’hui, focus sur l’affichage environnemental mis en place par Décathlon depuis deux ans. Celui-ci permet d’ouvrir le dialogue avec ses différentes parties prenantes.

Affichage environnemental Decathlon
L'enseigne de sport a développé l'affichage environnemental sur 1 500 produits, vendus sur Internet.
@Décathlon

En se lançant dans l’affichage environnemental, Décathlon n’imaginait certainement pas l’ampleur de la tâche qui l’attendait. Il a fallu attendre presque dix ans pour réussir à voir l’une des cinq lettres - A, B, C, D, ou E- affichées sur 1 500 produits commercialisés sur Internet, soit un tiers de l’offre textile, chaussures et confection lourde du groupe français. Mais désormais la dynamique est lancée. D’ici la fin de l’hiver, plus de 50 % des produits seront concernés et l’affichage se fera aussi en magasin.

"Il s’agit d’un changement considérable en interne, souligne Raffaele Duby, responsable Environnement/éco-conception chez Décathlon. Il nous a d'abord a fallu améliorer la conception de nos produits pour connaître précisément les matières et procédés utilisés. Puis c’est devenu un outil de dialogue pour parler d’environnement de façon simple avec nos parties prenantes (fournisseurs, clients, collaborateurs,...). Petit à petit, nous avons créé un socle commun, partagé nos méthodologies et mis en place une base de données pour favoriser les calculs, la comparaison et l’implication de nouveaux acteurs." 

Socle technique commun

Pour mener à bien l'étiquetage environnemental, le groupe a dû mobiliser tout son écosystème, que ce soit pour collecter les données auprès de ses fournisseurs ou pour définir des échelles communes avec les autres marques textiles pilotes de l'expérimentation comme Okaïdi, Jules ou Brice. Ensemble, elles ont modélisé les impacts de leur production sur l'environnement, établi un référentiel type pour chaque produit (t-shirt, pantalon,...) et une charte graphique, afin que les autres enseignes puissent s'approprier facilement l'affichage. 

Décathlon fait partie des entreprises pilotes les plus en avance sur ce sujet en France. La Fnac propose aussi un affichage environnemental sur 70 % de ses produits tech (ordinateurs, tablettes, smartphones et télévisions), Casino devrait estampiller 300 produits d’ici la fin de l’année sur Internet et la Camif va s’y mettre dans les prochaines semaines. Cinq hôtels Disney parmi une centaine engagée affichent aussi les impacts d’une nuitée, petit-déjeuner inclus, en précisant les émissions de CO2, la consommation d’eau ou de ressources non renouvelables, ou encore la part de produits bio.

Ces entreprises sont accompagnées par l’Ademe. Après les Grenelles de l’environnement, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a été missionnée pour accompagner jusqu’à mi-2019 ce groupe d'entreprises volontaires issus de cinq secteurs différents (ameublement, textiles, hôtels, produits électroniques et produits alimentaires) afin de créer un socle technique commun et harmonisé. Une base de données environnementale Impact a vu le jour en 2014. Elle a permis de créer une trentaine de référentiels produits.

Un outil fédérateur en interne

"Notre objectif est que l’affichage environnemental devienne aussi banal que l’indication du prix ou des caractéristiques du produit, ajoute Raffaele Duby. Cela permet au consommateur de réaliser un acte d’achat responsable en connaissance de cause et aux enseignes de valoriser leurs actions d’éco-conception pour ainsi se différencier et à terme transformer le secteur." Parmi la quinzaine d’indicateurs évalués, il y a bien sûr les émissions de CO2, mais aussi la pollution chimique, la pollution de l’eau, l’eutrophisation, l’acidification des milieux… Entre deux et cinq indicateurs sont retenus par produit.

"En plus d’informer le consommateur et d’inciter à une production plus durable, l’affichage environnemental permet de fédérer les équipes en interne autour d’un projet motivant, commente Fabienne Benech, en charge du dossier à l’Ademe. C’est forcément un projet collectif qui doit être porté par tous sur l’ensemble de la chaine de valeur. Dans les hôtels, tous les métiers doivent être sensibilisés, les cuisiniers, aussi bien que gouvernantes et les femmes de ménage..."

Reste désormais à communiquer autour de ce dispositif encore largement méconnu du grand public et à généraliser son déploiement conformément à la feuille de route sur l’économie circulaire. Une délégation de service public avec l'Ademe devrait être annoncée en 2019. Elle sera chargée de créer de nouveaux référentiels produits et de valider la sincérité des notes affichées par les enseignes volontaires. Un gage de crédibilité indispensable pour que les consommateurs puissent réellement faire un choix éclairé et responsable au moment de leur achat. 

Concepcion Alvarez, @conce1

 

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