Publié le 27 août 2018

SOCIAL

WeWork, le géant du coworking, met ses salariés au régime végétarien

Après avoir voulu révolutionner notre façon de travailler, en partageant les bureaux, voilà que WeWork veut révolutionner la façon de manger de ses salariés. Le géant américain du coworking vient d’interdire la viande à la cantine et qui ne remboursera plus les déjeuners d’affaires carnés. Le but ? Inciter les collaborateurs à devenir davantage flexitariens et réduire les émissions de gaz à effet de serre de l'entreprise.

Cantine de WeWork, à New York. En supprimant la viande de ses menus, l'entreprise vise la neutralité carbone. Elle interdit aussi les fournitures en cuir et les objets en plastique à usage unique.
Wikicommons

Peu de temps avant les vacances, début juillet, les quelque 5 000 salariés de WeWork ont découvert dans une note interne que leur restaurant d’entreprise ne servirait plus de viande. Et pas de passe-droit pour ceux qui voudraient contourner la mesure. S’ils déjeunent à l’extérieur, les notes de frais pour des repas contenant de la viande ne seront plus remboursés. Une façon de sensibiliser les salariés au changement climatique.

"De nouvelles recherches indiquent qu'éviter la consommation de viande est l'une des choses les plus importantes qu'un individu puisse faire pour réduire son impact sur l'environnement - plus encore que de passer à une voiture hybride", argumente ainsi le patron-gourou, dans le New York Times. Pour Miguel McKelvey, cofondateur de WeWork, cette mesure permettrait aussi de “sauver 15 millions d'animaux d'ici à 2023”.   

"Nous sommes ceux qui pouvons faire changer les choses"

Cette annonce s’inscrit dans une stratégie plus large de l'entreprise qui vise à atteindre la neutralité carbone. Ainsi, les fournitures à base de cuir et les objets en plastique à usage unique seront eux aussi bannis. À terme, l’entreprise envisage même de revoir sa consommation sa consommation de fruits de mer, d’œufs, de produits laitiers et d’alcool.

Ces dernières années, on note une tendance de plus en plus forte des entreprises à imposer leurs valeurs à leurs employés, y compris si cela concerne leur vie personnelle. Elles sont ainsi de plus en plus nombreuses à inciter leurs salariés à faire du sport, à bien dormir, à arrêter de fumer ou encore à boycotter Uber. La start-up américaine Casper verse ainsi des primes à ses salariés quand ils ont passé une bonne nuit de sommeil ou quand ils ont fait de l’exercice. General Electric a fait de même pour inciter ses salariés à arrêter la cigarette.

"Les entreprises ont une plus grande responsabilité envers les membres de leur équipe et envers le monde ces temps-ci", explique Miguel McKelvey de WeWork. "Nous sommes ceux qui avons le pouvoir. Les grands employeurs sont ceux qui peuvent faire avancer les choses." Pas sûr que tous les salariés apprécient. Chez Google, où une journée sans viande par semaine avait essayé d’être mise en place, les collaborateurs avaient protesté en organisant un barbecue …

Concepcion Alvarez, @conce1


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