Publié le 19 novembre 2018

ENVIRONNEMENT

Qu’est-ce qu’on regarde ce soir à la télé sans trop polluer ?

Produire seulement une heure de programme télévisé équivaut à l’empreinte moyenne d’un Français sur toute une année, soit environ 10 tonnes de CO2. Pour réduire ces émissions, le collectif Ecoprod accompagne les équipes de tournage depuis 2009. Exemple ce lundi 19 novembre, avec Premier de cordée, un nouveau programme totalement éco-produit, diffusé sur France 3.

Premier de cordée est une émission écoproduite diffusée à partir de ce lundi 19 novembre sur France 3.
@Christophe Lartige / CL2P / FTV

Il est fini le temps où on survolait en hélicoptère de lointaines contrées sans provoquer un tollé auprès des téléspectateurs. Yann Arthus Bertrand en a fait les frais avec ses "Vu du ciel". Avant lui, Nicolas Hulot, l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, a lui aussi longtemps été raillé pour sa célèbre émission "Ushuaïa". Plus récemment, c’est Vincent Lagaf et Laury Thilleman qui ont été épinglés pour leur roadtrip – en 4x4 – sur les routes de Mongolie pour Offroads diffusé sur RMC Découverte.

"Le déclic est progressivement en train de s’opérer chez les professionnels du secteur mais ça prend du temps, constate Sophie Delorme, directrice adjointe de la RSE chez France Télévisions. Tous les secteurs s’engagent, pourquoi pas nous ? On ne peut pas évoluer sans prendre en compte l’urgence climatique qui est devenu un sujet de préoccupation majeur. Ça passe par la réduction de l’impact de nos productions mais également par l'évolution de nos contenus à travers les scénarios et les personnages qui peuvent aussi sensibiliser le grand public." 

1 million de tonnes de CO2

En 2009, France Télévisions fonde ainsi le collectif Ecoprod avec TF1, Audiens ou encore l'Ademe. Il a pour but de responsabiliser la profession face aux enjeux environnementaux. Aujourd’hui, la charte d’éco-production a été signée par 159 acteurs, donc le Centre national du cinéma (CNC) ou encre France Films. Un calculateur d’empreinte, baptisé "Carbon’Clap", a été mis en place. Un guide, des fiches pratiques ou encore un annuaire sont également mis à disposition des productions audiovisuelles.

Au total, la filière audiovisuelle et cinématographique française émet environ 1 million de tonnes de CO2 chaque année, selon une étude réalisée en 2011 qui va être actualisée l’année prochaine. Produire une heure de télévision émet 10 tonnes de CO2, soit l’équivalent de l’empreinte carbone moyenne d’un Français sur un an ! Une fiction tournée en France émet 200 tonnes de CO2, un événement capté en direct 9000 tonnes et un long-métrage tourné à plusieurs endroits, 1 000 tonnes de CO2.

Les postes qui ont le plus lourd impact sont le transport des équipes, leur repas, les décors, les lumières, et les usages techniques (groupes électrogènes, batteries, piles…). La série policière Jo, diffusée sur TF1 en 2013, et tournée uniquement en région parisienne, avait par exemple réduit son impact de moitié par rapport à une fiction équivalente. Des efforts avaient été faits sur la gestion des déchets, la dématérialisation des documents, la revente du mobilier, et par l’utilisation d’un drone ultra léger pour les prises aériennes plutôt qu’un hélicoptère.

50 % de productions engagées

Mais c’est surtout chez France Télévisions que ça bouge. Ce lundi 19 novembre, France 3 diffuse le premier épisode de "Premier de cordée", une compétition qui oppose deux familles lors d’une course chronométrée dans le massif du Mont Blanc. Elle est présentée par Fanny Agostini, l’animatrice de Thalassa, très engagée sur les questions environnementales.

"La production a par exemple remplacé les groupes électrogènes par des batteries, a fait une seule rotation pour transporter le matériel, n’a pas utilisé de véhicules, a privilégié le bivouac pour dormir et a redescendu tous ses déchets. Pour chaque équipe gagnante, 10 000 euros vont par ailleurs être reversés à une association de défense de l’environnement de la région", précise Sophie Delorme.

Dans le cadre d’Act4Nature, lancé en juillet dernier, France Télévisions s’est engagé à ce que 50 % de ses productions aient entrepris une démarche d’éco-production d’ici 2022. Une première en France. Le travail a déjà commencé sur la série phare du groupe "Plus Belle la vie" et sur le tout nouveau feuilleton de la rentrée "Un si grand soleil" diffusé sur France 2 tous les soirs.  

Concepcion Alvarez, @conce1


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