Publié le 12 septembre 2018

ENVIRONNEMENT

À San Francisco, coup d’envoi d’une mobilisation inédite du secteur privé pour le climat

À San Francisco en Californie, plus de 4 000 dirigeants de collectivités locales, d’entreprises et d’investisseurs sont attendus pour parler climat. Ce sommet mondial pour l’action climatique, qui s’était lancé en réaction au retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, ouvre la voie à une fin d’année forte de mobilisations du secteur privé pour lutter contre le changement climatique.

Jerry Brown Bonn 2017 COP23 We are still in PATRIK STOLLARZ AFP
Le gouverneur de Californie, Jerry Brown, à l'initiative du Global Climate Action Summit, fait figure de leader climatique face au rétropédalage du président américain, Donald Trump.
@PatrickStollarz/AFP

À San Francisco, comme dans près d’un millier de villes à travers la planète, ils étaient plus de 30 000 à défiler pour le climat samedi 8 septembre. La plus grosse manifestation de ce type jamais réalisée sur la Côte ouest des États-Unis, selon les organisateurs. Quelques jours plus tard, le mercredi 12 septembre, c’est une nouvelle mobilisation record sur le sujet. 

Un sommet s’ouvre dans la ville californienne : 4 000 dirigeants politiques locaux et du secteur privé sont attendus dans les enceintes du Global Climate Action Summit pour prendre de nouvelles mesures contre le changement climatique. Et remettre un coup de pression aux États signataires de l’Accord de Paris.

Prendre le relais des États

L’idée d’un tel sommet avait été lancée par le gouverneur de Californie, Jerry Brown, en réaction au retrait des États-Unis de cet accord majeur sur le climat, décidé par Donald Trump l’an dernier. L’objectif est de montrer que les acteurs locaux et privés prennent le relais et sont plus que jamais engagés dans l’Accord.

Le lieu n’est pas neutre. San Francisco est l’une des villes les plus en pointe sur la transition verte avec des actions fortes sur les déchets. Mais surtout, la Californie fait figure de bastion de résistance au déni climatique porté par le président américain. Lundi 10 septembre, la cinquième puissance économique s’est même engagée pour une énergie "100 % propre" d'ici 2045, un pied de nez à la relance du charbon voulue à Washington.

Le climat s’emballe

Le défi à relever est immense. Selon Climate Action Tracker, la température moyenne globale a déjà augmenté de 1°C et la trajectoire actuelle nous mène à 3,2°C d’ici la fin du siècle, bien au-delà des objectifs de l’Accord de Paris. Malgré leurs engagements, les États, seuls signataires de l’Accord, n’ont pas mis en œuvre les actions suffisantes.

Et si les collectivités locales, entreprises, investisseurs, associations, etc. sont mobilisés, ils peuvent "faire plus", assure à l'AFP Helen Clarkson, membre du comité consultatif du Global Climate Action Summit et directrice générale de l'ONG The Climate Group. Ainsi, toute la semaine, des engagements vont être annoncés par les coalitions, alliances et autres clubs qui fleurissent depuis la COP21 autour de la lutte contre le changement climatique.

L’action s’organise

On attend par exemple la Global Divest/Invest coalition. Lancée par les maires de New York et Londres, cette coalition doit aider les collectivités locales à désinvestir des énergies fossiles (via leurs fonds de pension par exemple) et à investir dans la transition vers une économie bas carbone sur leur territoire. Le C40, la coalition des villes pour le climat, doit aussi annoncer son engagement de passer au "zéro déchet" dans quelques décennies.

Et le sommet de San Francisco n’est qu’un début. D'ici à décembre, une dizaine de grands événements de ce type - Climate week, One Planet Summit 2 ou Climate Finance Day - se tiendront à New York et Paris.

2020, date limite pour agir

Ce sont de "puissants catalyseurs de l’action. Ils ont un fort impact auprès des leaders politiques et économiques car ils concentrent un grand nombre de prises de parole et d’engagements au plus haut niveau. Ils permettent aussi d’accélérer l’innovation climatique et de développer les solutions à plus grande échelle", estime Gérald Maradan, co-fondateur du cabinet EcoAct.

"Si nous ne changeons pas d’orientation d’ici 2020, nous risquons des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent", a alerté Antonio Guterres, Secrétaire général de l'ONU. Il ajoute : "Il est impératif que la société civile - jeunes, groupes de femmes, secteur privé, communautés religieuses, scientifiques et mouvements écologiques - demande des comptes aux dirigeants."

Béatrice Héraud


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