Publié le 01 juin 2018

ENVIRONNEMENT

Il y a un an Donald Trump quittait l’Accord de Paris… et mobilisait le monde pour le climat

Annoncé pendant sa campagne, Donald Trump a tenu sa promesse. Quelques mois après son arrivée à la Maison Blanche, le Président américain a annoncé la sortie de son pays de l’Accord de Paris. Une décision qui n’a pas fait effet boule de neige. Au contraire, cela a même mobilisé au pays de l'Oncle Sam et en dehors de ses frontières.

Trump accord de Paris
Le 1er juin 2018, Donald Trump annonçait le retrait américain de l'Accord de Paris.
@DR

Le 1er juin 2017, le Président des États-Unis, Donald Trump annonçait le retrait américain de l’Accord de Paris, dont l’objectif est de maintenir le réchauffement en dessous de 2 °C d’ici la fin de siècle. Selon l’occupant de la Maison Blanche, cet accord est néfaste pour l’économie nationale et bénéficie avant tout à la Chine, à l'origine, selon lui, de ce "mensonge" du changement climatique.

Le désengagement de la première puissance économique mondiale, deuxième émetteur de CO2 de la planète, fut un cataclysme. D’autant plus que l’Administration a poussé activement la relance du charbon, a limité les aides aux renouvelables et a revu les budgets dédiés à la recherche climatique. Le retrait effectif des États-Unis du texte international interviendra en novembre 2020.

Mobilisation intérieure

Mais face à la Maison Blanche, les résistances s’organisent. Parmi les plus importantes, on compte "We are Still In" (Nous sommes toujours dans l’accord de Paris). Ce regroupement de 125 villes, 9 États, 902 entreprises et 183 universités œuvrent à ce que les États-Unis respectent ses engagements de réduction d’émissions de 26 à 28 % en 2030 par rapport à 2005, comme promis en amont de la COP21.

L’opposition à Donald Trump est incarnée par deux figures emblématiques. D’un côté Jerry Brown, le gouverneur de Californie, promeut massivement les énergies renouvelables et organise un sommet climatique en septembre prochain.

De l’autre, Mickaël Bloomberg travaille à aligner la finance sur les objectifs climatiques. Non sans panache, il avait même versé de sa poche une petite partie des fonds promis par les États-Unis à l’ONU sur le sujet du réchauffement. Enfin, il faut compter sur la mobilisation de grandes entreprises américaines qui s’engagent à verdir leur alimentation en énergie et à aligner leur stratégie sur la science climatique, comme Apple ou Mc Donald’s.

Les États-Unis isolés

Hors des frontières, on avait craint un effet domino. L’absence des États-Unis aurait pu pousser d’autres pays à abandonner leurs engagements de réduction d’émissions de CO2. Mais au contraire, les ratifications ont continué, à tel point que même la Syrie et le Nicaragua ont rejoint le mouvement, laissant les États-Unis isolés.

Il faut reconnaître le mérite du Président français Emmanuel Macron qui, le 2 juin, dans la foulée du retrait américain, lançait son fameux "Make our Plant Great Again" (Rendre notre planète grande à nouveau), véritable défi au slogan de campagne de Donald Trump "Make American Great Again". Il appelait le monde, et en particulier le G20, à se mobiliser sur le réchauffement. Il réunira une centaine de nations à Paris le 12 décembre lors du One Planet Summit. Un sommet dédié au financement de la lutte contre le réchauffement.

Dérapage chinois

Le retour des États-Unis autour de la table climatique reste cependant essentiel. En 2015, la présence de Barack Obama et de son négociateur en chef Todd Stern à la COP21 avait pesé lourd dans la balance pour mobiliser les dirigeants mondiaux. Mais la vigilance sur l'attitude future de Washington ne suffit pas. Alors que les regards étaient tournés vers la diplomatie américaine, un lourd dérapage est passé inaperçu en 2017 : celui de la Chine qui avait pourtant un temps prétendu prendre le leadership environnemental.

En effet, d’après la revue "Unearthed" de Greenpeace, Pékin voit ses émissions de gaz à effet de serre repartir à la hausse, alors qu’elles stagnaient ces dernières années. En 2018, elles vont croître de 4 %. En 2017, elles avaient déjà bondi de 2 %. Plutôt que Washington, le vrai danger serait peut-être que Pékin ait quitté l’Accord de Paris.... mais sans le dire.

Ludovic Dupin, @LudovicDupin


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