Publié le 22 décembre 2017

ENVIRONNEMENT

Traçabilité, bio, gaspillage alimentaire... De trop faibles avancées pendant les États généraux de l'alimentation

Lors des États généraux de l'alimentation, l'urgence d'une meilleure rémunération des agriculteurs a un peu relégué au second plan la volonté d'une alimentation saine, durable, accessible à tous et qui réponde aux attentes des consommateurs. Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a même annulé sa venue à la clôture de l'événement à la dernière minute.

Bientôt, les industries agroalimentaires pourraient être forcés de donner leur excédents à des associations
François Mori / AFP

C'était un des grands thèmes des États généraux de l'alimentation : répondre aux attentes des consommateurs en promouvant une alimentation saine, sûre et durable. Car "les consommateurs ont une partie de la réponse, quand ils veulent plus de qualité, ils contribuent à changer la filière", a estimé le Premier ministre Édouard Philippe lors de son discours de clôture le 21 décembre.

Les annonces sur la bio toujours aussi floues 

Pourtant, le sujet a quelque peu été éclipsé par celui de la revalorisation du revenu des agriculteurs. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a d'ailleurs annulé sa visite, au dernier moment, arguant un problème d'agenda. Les associations estiment plutôt que les mesures environnementales, trop peu ambitieuses, ne le satisfont pas. Sans compter, la place prédominante prise par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert.

Des mesures sont toutefois à noter. Sur la bio, le gouvernement a prévu d'amener la restauration collective à s'approvisionner à 50 % en bio, local ou "écologique" d'ici 2022. Reste à savoir ce que recouvre le terme "écologique" et il faut que rappeler que l'obligation de bio se limite à 20 %. 

Cette décision visait aussi à encourager la conversion des agriculteurs vers la bio. Pourtant le gouvernement vient, dans le même temps, de couper les aides au maintien des agriculteurs bio. Un plan bio a été annoncé mais il ne sera pas présenté avant mars 2018. Enfin, le gouvernement veut aussi revoir le plan Ecophyto dont le but est de réduire l'usage des pesticides, mais qui est en échec. Le chantier s'annonce difficile car ce le plan a déjà été retravaillé trois fois. 

Les consommateurs mieux informés 

Concernant une meilleure traçabilité - demande croissante des consommateurs surtout depuis l'affaire du fipronil et plus récemment du lait contaminé aux salmonelles - le Premier ministre a annoncé que les industries de l'alimentaire travaillaient à une nouvelle méthode. Cette dernière permettrait à chaque consommateur, grâce à son smartphone, de voir l'origine du produit, le pays de conditionnement, le nom du producteur... "C'est profondément transformateur pour les secteurs. Peut-être que chacun prendra un peu plus de temps pour faire ses courses, mais ne perdra pas son temps (…). Les consommateurs pourront voter tous les jours pour le modèle agricole de leur choix", a-t-il estimé. Reste qu'aucune loi n'est prévue sur le sujet. 

Les industries agroalimentaires bientôt obligées de donner leurs invendus 

De même sur le gaspillage alimentaire, "un scandale social, individuel et écologique" selon les mots du chef du gouvernement, il prévoit d'obliger, par ordonnance, la restauration collective et les industries agroalimentaires à donner leur excédents alimentaires à des associations, comme c'est déjà le cas pour la grande distribution à partir d'un certain seuil. Plusieurs groupes de travail réfléchissent également à l'obligation d'un doggy bag dans la restauration.

Dernier sujet : le gouvernement souhaite que le délit de maltraitance aux animaux, qui est aujourd'hui appliqué aux animaux domestiques, soit étendu aux abattoirs et au transport. De même les associations de protection animale "pourront se constituer en partie civile concernant les infractions relatives à la maltraitance animale au titre du code rural", précise une source ministérielle.  

Marina Fabre@fabre_marina


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