Publié le 21 mai 2014

SOCIAL

L’économie sociale et solidaire portée par des épargnants motivés

L’assemblée nationale examine actuellement le projet de loi sur l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). L’association Finansol en a profité pour publier d’excellents chiffres pour le secteur. Le 12eme baromètre de la finance solidaire, rendu public ce mardi 20 mai, indique que le cap des 6 milliards d’euros a été dépassé. Finansol dresse à cette occasion une typologie du million d’épargnants qui souscrivent à la finance solidaire. Leurs motivations montrent qu’il existe en France un socle important de particuliers qui souhaitent donner du sens à leurs placements. Une aubaine pour l’investissement socialement responsable (ISR)

finance responsable ESS i Stock
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L’association Finansol, qui rassemble les acteurs de la finance solidaire, suit attentivement les débats législatifs sur la loi concernant l’économie sociale et solidaire (ESS). Il faut veiller au grain, en particulier sur les conditions d’obtention de l’agrément que doivent obtenir les entreprises pour bénéficier des financements  apportés par l’épargne solidaire.

"Nous ne voulons pas que le projet de loi sur l’ESS freine son développement en alourdissant trop les critères et les procédures" explique Frédéric Tieberghen, le président de Finansol. Et d’ajouter : "si le projet créé une incertitude juridique sur l’obtention de l’agrément et empêche les épargnants qui deviennent actionnaires des entreprises de l’ESS de vendre leurs parts, le projet de loi aura un impact négatif sur la finance solidaire".

 

6 milliards d’euros investis dans l’économie sociale et solidaire

 

Une situation qui pourrait être dommageable au regard des chiffres publiés le 20 mai. Les encours ont augmenté de 28 % en un an. Ils atteignent à ce jour 6,02 milliards d’euros. Plus d’un million d’épargnants français investissent dans ces produits financiers à but social. Finansol a voulu savoir quel est le profil de ces investisseurs. Elle a pour cela mené une enquête auprès de 500 000 personnes investissant sur plus de 80 produits financiers.

Si les comportements et les profils sont divers, ils sont tous sensibles au bénéfice social de ces placements. Finansol a identifié deux catégories de démarches : celle des épargnants engagés, soucieux des enjeux sociaux et attentifs à leurs modes de consommation. Des citoyens qui cherchent à allier sécurité et transparence sur l’utilisation de leur épargne.

La seconde démarche est occasionnelle. Un certain nombre d’épargnants ne souhaitent pas forcément remettre en cause le modèle économique dominant mais recherche un équilibre entre bien-être collectif et individuel.  La première catégorie est plus largement représentée que la seconde.

 

Un fort potentiel de croissance

 

L’étude menée par Finansol pousse à l’optimisme puisqu’elle met en évidence le développement de l’épargne solidaire au-delà du cercle des premiers militants. Elle met également au jour un fort potentiel de croissance des montants investis et une féminisation progressive des épargnants solidaires. Ces enseignements concernent aussi l’investissemen socialment responsable (ISR) puisque plus de la moitié des encours de la finance solidaire provient de l’épargne salariale (3,7 milliards d’euros). Cela s’explique par le fait que depuis 2010, les entreprises sont tenues de proposer un produit solidaire dans leur offre (PEE, plan d'épargne d'entreprise, ou PERCO, plan d'épargne pour la retraite collectif).

Ces fonds sont dits 90-10. 10 % de leurs encours, (au maximum) doivent être investis dans les entreprises de l’ESS. Pour éviter que l’objectif social soit en contradiction avec les 90 autres % investis sur les marchés financiers, les promoteurs de ces fonds ont généralisé la mise en place de filtres ISR.

Cette expérience française, unique en son genre, permet de fidéliser un tiers de clients particuliers pour les fonds ISR. Elle ouvre aussi la voie à un autre dialogue sur les placements. Ajouter du bénéfice social et de la traçabilité semble un atout important pour plus d’un million de personnes dont l’investissement annuel moyen est déjà de … 4300 euros.

Anne-Catherine Husson-Traore
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