Publié le 10 février 2022

SOCIAL

L’association Fair veut inscrire la finance à impact social dans les débats de la présidentielle

L’association de la finance solidaire veut peser dans la présidentielle. Fair, anciennement Finansol, a mis au point une dizaine de propositions visant à améliorer l’accès au financement des entreprises de l’économie sociale et solidaire. Elle va désormais présenter ses idées pour favoriser la finance à impact social aux candidats à l’élection présidentielle, en espérant faire émerger ce thème dans les débats.

Solidaire ESS finansol CCO
Fair veut développer la finance à impact social pour favoriser les croissance des entreprises sociales et solidaires.
@CCO

L’élection présidentielle ne fait pas encore émerger de sujets durables. Mais l’association Fair, issue du rapprochement de Finansol et du laboratoire d’innovation sur l’impact, souhaite imposer le thème de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans le débat. Elle vient de publier un livre blanc d’une dizaine de propositions visant à accélérer le développement des entreprises à impact social en améliorant leur accès au financement. "Le livre blanc précédent, nous l’avions présenté au candidat Emmanuel Macron, et notre projet a été repris", rappelle Frédéric Tiberghien, président de Fair. "Nous avons obtenu la transformation du Livret de développement durable en Livret de développement durable et solidaire (LDDS), et la création de l’assurance-vie solidaire avec l’obligation de proposer des produits labelisés Finansol", poursuit-il en citant les dispositions de la loi Pacte.

Même s’il reconnaît des modifications du projet de loi par rapport aux propositions initiales de l’association, il espère réussir cette année encore à diffuser les idées de Fair parmi les candidates et candidats. "Le livre blanc s’adresse autant aux candidats qu’aux parlementaires, qui connaissent bien le terrain", ajoute-t-il.

Faire grossir la finance à impact social

Fair souhaite faire grossir les flux financiers à destination des entreprises à impact social, en mettant à contribution aussi bien les pouvoirs publics, les grands investisseurs institutionnels que les épargnants. Pour cela, l’association souhaite que les banques et assurances puissent accroître leurs investissements dans les entreprises sociales et solidaires, en revoyant notamment la réglementation qui les encadre. Elle propose également qu’au moment d’orienter leurs investissements, ces acteurs ne prennent pas seulement en compte le risque financier potentiel et le rendement à espérer, mais aussi l’impact positif sur la société.

Côté épargnants, Fair propose de modifier le Livret A, ce dispositif d’épargne très prisé des Français. L’association voudrait permettre de faire des dons aux organisations de l’économie sociale et solidaire directement à partir du Livret A. Ce don solidaire est déjà possible à partir du LDDS depuis octobre 2020, il s’agirait donc simplement d’étendre cette option. Fair souhaite également augmenter la proportion des encours du Livret A que les établissements bancaires doivent orienter vers l’économie solidaire et vers la transition énergétique.

Les Français intéressés par l'économie sociale et solidaire

L’association voudrait également renforcer l’innovation financière au service de l’ESS, notamment en développement les contrats à impact (anciens contrats à impact social). Ces dispositifs permettent à un entrepreneur de l’ESS de financer une innovation par des investisseurs privés, ceux-ci étant rémunérés par un acteur public uniquement si l’innovation réussit. "L’État a été le moteur de ces contrats, il faut impliquer les collectivités locales", explique Frédéric Tiberghien.

Pour convaincre les candidats à l’élection présidentielle, Fair assure que les Français sont intéressés par cette économie qui privilégie les effets bénéfiques pour la société, plutôt que les profits financiers. La finance solidaire revendique ainsi plus de 20 milliards d’euros d’encours, en progression de 33 % en 2020, et Fair voit par ailleurs de plus en plus d’entrepreneurs s’intéresser à des projets solidaires. "Notre développement dépend d’abord de nos membres, ce que nous demandons aux pouvoirs publics, ce sont des coups de pouce".

Arnaud Dumas, @ADumas5


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