La politique anti-immigration de Donald Trump réveille l'opposition des salariés. 1 400 employés de Google ont signé une pétition pour que leur entreprise ne réponde pas à l'appel d'offres lancé par le service de l'immigration. Si Amazon et Microsoft pourraient rafler la mise, eux aussi sont soumis à la pression de leurs salariés. Et cet activisme, particulièrement développé dans les entreprises de la tech, s'étend maintenant à tous les secteurs. 

Le Président des États-Unis souhaite désormais autoriser la détention illimitée des familles entrées illégalement sur le territoire, la durée maximale étant actuellement fixée à vingt jours. Un nouveau durcissement de la politique migratoire américaine qui intervient dans un contexte tendu. Ces derniers mois, plusieurs associations et médias américains ont révélé les conditions déplorables dans lesquels étaient retenus les immigrés, notamment les enfants, dans les camps de détention.
Des révélations qui ont suscité une vague de réactions, notamment chez les employés d’entreprises ayant un lien avec le service d’immigration américain. Dans une pétition signée par plus de 1 400 salariés, les employés de Google demandent à leur entreprise de ne pas participer à l’appel d’offres que va lancer l’Agence des douanes et de protection des frontières afin de stocker des données en ligne. "Nous refusons d’être complices. Il est inadmissible que Google, ou toute autre société de technologie, soutienne des agences engagées dans la mise en cage et la torture de personnes vulnérables", écrivent les signataires, "L’histoire est claire : il est temps de dire non".
Les salariés de la tech ne veulent pas être "complices"
Pour l’instant Google n’a pas répondu aux sollicitations de ses employés mais il a déjà plié sur d’autres sujets face à leur mobilisation. Surtout, il n’est pas le seul à pouvoir répondre à cet appel d’offres. Amazon et Microsoft sont également dans les starting-block. Mais eux aussi font face à la réprobation de certains de leurs employés. Plus tôt dans l’année, une centaine de salariés d’Amazon ont envoyé une lettre ouverte à leur PDG, Jeff Bezos, lui demandant de ne pas conclure de contrat avec les services de l’immigration et des contrôles douaniers quant à un nouveau système de reconnaissance faciale.
De même le 18 juin, une centaine de salariés de Microsoft ont demandé à leur direction l’annulation d’un contrat de plus de 19 millions de dollars avec l’agence fédérale en charge de la police aux frontières. "Microsoft doit adopter une position éthique et placer les familles et les enfants au-dessus du profit. (…) Nous refusons d’être complices ", préviennent-ils.
Mi-août, le Washington Post avait par ailleurs révélé que chez Palantir, géant du big data, un réseau de résistance en interne s’était formé pour empêcher le groupe de vendre ses services à la police des frontières. Si les entreprises de la tech sont particulièrement mobilisées, la contestation s’étend à d’autres secteurs.
Montée en puissance de l’activisme des employés
En juillet, 10 % des salariés de Wayfair, un distributeur américain de meubles, ont décidé de faire grève. Ils demandaient à leur employeur de ne plus vendre de lits destinés à équiper les camps dans lesquels sont détenus les enfants mineurs migrants. De même, selon Associated Presse, plusieurs chaînes d’hôtels comme Marriott, Hilton, Best Western ou Hyatt ont déclaré qu’ils ne souhaitaient pas que leurs hôtels soient utilisés pour détenir des migrants après avoir été mis sous pression par leurs syndicats.
Les lieux de travail deviendraient-ils des espaces de mobilisation ? Une étude de Weber Shandwick en partenariat avec United Minds et KRC Research publié en mai note une montée en puissance de l’activisme dans les entreprises. Une tendance surtout portée par les millienials qui ont vite compris l’influence des réseaux sociaux dans la réputation des entreprises.
Marina Fabre, @fabre_marina

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