Publié le 30 octobre 2019

SOCIAL

Après le flygskam, la honte de prendre l’avion, voici le Köpskam, la honte de consommer

C'est une nouvelle tendance qui nous vient encore une fois de Suède. Après le flygskam, ce sentiment de honte de prendre l'avion pour des raisons écologiques et qui a fait chuter momentanément le trafic aérien suédois, voici le köpskam, la honte d'acheter. Un néologisme qui émerge peu à peu dans la société nordique et qui vise surtout l'industrie de la mode, particulièrement montrée du doigt pour son impact sur l'environnement. 

Honte de consommer vetement
Les consommateurs achètent de moins en moins de vêtements neufs en France.
@CC0

La Suède a-t-elle un train d’avance ? C’est dans le pays de Greta Thunberg, figure emblématique de lutte contre le changement climatique, qu’est né le flygskam. Ce phénomène renvoyant à la honte de prendre l’avion car trop polluant. Celui-ci a eu des effets concrets sur le trafic aérien du pays. Selon l’Agence suédoise des transports, le nombre de passagers a baissé de 4,4 % en un an.

Même en France, l’ancien président de la SNCF, Guillaume Pepy a estimé que le nombre record de voyageurs ferroviaires de l’été 2019 était notamment un effet du flygskam. "Je crois que les gens font de plus en plus attention à leur décision par rapport à la planète. (…) Les gens sont cohérents, ils réclament plus d’écologie de la part des hommes et des femmes politique. Mais ils se disent : si moi personnellement, individuellement, je ne fais rien, je suis en contradiction", avance Guillaume Pepy.

La honte d'acheter des vêtements neufs 

Or, en Suède, selon le quotidien le plus lu du pays, Aftonbladet, une nouvelle tendance serait en train d’émerger : le Köpskam, la honte d’acheter. "S’il s’avère que ce concept entraîne une réduction de la consommation, il est évident que cela aura des conséquences majeures", a déclaré au journal le PDG de l’Institut suédois du commerce et de l’industrie (HUI) Jonas Arnberg.

Ce terme serait principalement utilisé à destination du secteur de la mode, particulièrement montré du doigt ces dernières années pour son impact sur l’environnement. On a ainsi vu des mouvements écologiques de désobéissance civile comme Extinction Rebellion organiser des manifestations devant H&M, symbole tout puissant de la fast fashion. 

Il faut dire que la mode est l’une des industries les plus polluantes. Selon un rapport de la Fondation Ellen MacArthur, l’industrie textile est même plus émettrice de CO2 que les transports aériens et maritimes. "Bien que les ménages suédois n’aient pas réduit leur consommation totale au cours des dernières années, l’argent a été distribué différemment", note l’économiste en chef du commerce suédoise, Johan Davidson, sur Aftonbladet. "Les achats dans le secteur de la vente au détail, c’est-à-dire les vêtements, les meubles, les matériaux de construction et les appareils électroniques grand public ont augmenté plus lentement que les autres industries". 

Le marché de la seconde main en profite 

En décembre dernier, le directeur de l’observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM) soulignait une vraie tendance à la déconsommation dans le secteur. Depuis 2007, le marché du textile et de l’habillement a perdu 15 % de sa valeur. Une tendance qui profite au marché de seconde main, évalué à un milliard d’euros en France en 2018.

On a ainsi vu des enseignes très populaires aux États-Unis comme Macy’s et JC Penney nouer des partenariats avec des plateformes de revente de textile de seconde main tels que Thred Up. Selon une étude de GlobalData publiée justement par ThredUp, d’ici 2028 les ventes de produits d’occasion vont atteindre 64 milliards de dollars aux États-Unis, de quoi dépasser les enseignes de la fast fashion qui ont généré 44 milliards de dollars. 

Marina Fabre, @fabre_marina


© 2022 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

SOCIAL

Consommation

Produits verts, bio, issus du commerce équitable ou made in France….les marques multiplient les produits vendus comme écologiques, durables et responsables et les consommateurs prennent conscience de l’impact de leur choix sur l’environnement. Ces nouvelles pratiques de consommation doivent reposer sur des labels crédibles.

Supermarche ok

Une hausse des prix alimentaires se profile en France, une première en dix ans

Alors que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) constate une flambée des prix alimentaires de 31 % en moyenne dans le monde, en France, elle reste contenue et ne devrait atteindre que 4 %. Directement liée à l’envolée des cours des matières premières et aux...

Soldes

Les soldes, apanage des grands groupes, fragilisent les petits commerces

La période des soldes débute ce 12 janvier et avec elle son lot de controverses. Symbole de la société de consommation, elles sont boycottées par certaines enseignes et boutiques indépendantes. Elles incarnent par ailleurs les dérives d’une économie basée sur le tout jetable, incompatible avec...

C qui le patron

Lait, beurre : "C’est qui le patron" explose le plafond de verre des produits équitables en se hissant à la première place

Alors qu'en décembre, "C'est qui le patron" devenait la première référence de sa catégorie sur le lait, un mois plus tard, c'est au tour du beurre bio de finir en haut du podium. Un tournant de taille pour les produits équitables qui n'avaient jamais atteints un tel niveau et une preuve que les...

IStock RusN emballage fruit legume

Plastiques interdits, dons d’invendus… ce qui change au 1er janvier pour encourager une autre consommation

Différents décrets de lois entrent en application le 1er janvier 2022 pour faire évoluer nos modes de consommation et les inscrire dans une trajectoire plus durable. L'objectif est de sortir la France du "tout jetable" et d'accompagner la transition écologique des citoyens via d'avantage d'aides...