Publié le 10 mai 2018

SOCIAL

Où se trouvent-elles, sont-elles dangereuses, comment les éviter : ce qu'il faut savoir sur les nanoparticules

Du dioxyde de titane dans les bonbons au dixoyde de silicium dans le sucre, les nanoparticules sont présentes dans tous les produits de notre quotidien. Or, plusieurs associations et études montrent leur toxicité sur notre santé. Leur taille, 50 000 fois plus petite qu'un cheveu, leur permet de pénétrer facilement dans nos organismes. Et les fabricants, malgré la loi, n'indiquent toujours pas sur les étiquettes leur présence.

Plusieurs industriels n'indiquent pas la présence de nanoparticules dans leurs produits.
Dr_Microbe

Les nanoparticules, c'est quoi ?

Les nanoparticules sont des particules extrêmement petites. Elles sont 50 000 fois plus petites que le diamètre d'un cheveu. Du fait de leur taille, elles ont des propriétés uniques. "Avant la crème solaire étant blanche. Grâce aux nanoparticules, en l'occurrence le dixoyde de titane et l'oxyde de zinc, elle est devenue transparente", illustre l'UFC-Que-Choisir. Le dioxyde de titane par exemple donne de la brillance aux bonbons, le dioxyde de silicium est un anti-agglomérant qui permet à la poudre de ne pas former des paquets.

Sont-elles dangereuses ?

Du fait de leur taille, elles peuvent pénétrer facilement dans l'organisme par les pores pour les crèmes par exemple, par inhalation pour les poudres ou ingestion pour les aliments. "Les nanoparticules peuvent franchir plus facilement nos barrières biologiques", explique l'UFC-Que-Chosir. "Elles peuvent en plus changer de propriété en changeant de taille. L'aluminium qui est habituellement inerte devient par exemple explosif".

En janvier 2017, une étude menée par l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) avait montré la toxicité du dioxyde de titane E171, très présent dans les aliments, sur les rats. Les nanoparticules avaient pénétré la paroi intestinale des rats exposés pendant 100 jours à l'additif alimentaire E171 provoquant une baisse de leur système immunitaire.

40 % d'entre eux avaient développé des lésions précancéreuses du colon. Si les scientifiques ne pouvaient conclure "que le E171 est cancérigène, ni qu'il y a une extrapolation à l'Homme", trois ministères avaient saisi l'Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire pour une évaluation. L'OMS, Organisation mondiale de la santé, l'a d'ailleurs classé comme cancérogène probable pour l'Homme.

Comment les éviter ?

Le mieux, selon les associations, est de les traquer sur les étiquettes qui les indiquent en évitant ainsi le dioxyde de titane ou le dioxyde de silicium (E551). Sous la pression, certains groupes ont même décidé de retirer les nanoparticules les plus controversées de leur recette. C'est le cas de Carambar and Co qui a retiré de ses chewing-gums Malabar  le dioxyde de titane fin 2017.

Les industriels sont-ils transparents ? 

Peu de fabricants indiquent la présence de nanoparticules, malgré la loi les y obligeant. La DGCCRF, Direction générale de la répression des fraudes a d'ailleurs rappelé à l'ordre les industriels sur ce point le 10 avril dernier. Sur 74 produits alimentaires analysés, 39 % mentionnaient la présence de nanoparticules. Et un seul indiquait exactement la présence de toutes les nanoparticules identifiées.

En janvier dernier, l'UFC-Que-Choisir a porté plainte contre neuf fabricants qui ne faisaient pas mention de nanoparticules sur l'étiquetage. Dans son viseur, les M&M's Peanuts (Mars), le dentifrice Aquafresh triple protection blancheur (GlaxoSmithKline), le déodorant Sanex Natur 48h (Colgate-Palmolive), ou encore le stick à lèvres nourrissant Avène Cold Cream (groupe Pierre Fabre). 

Marina Fabre @fabre_marina 


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