Publié le 23 janvier 2019

SOCIAL

Les fabricants de couches ont quinze jours pour s'engager à supprimer les substances toxiques de leurs produits

Après plusieurs alertes sur la composition toxique des couches jetables, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a confirmé la présence de substances chimiques dans nombre de couches culottes à des seuils potentiellement dangereux pour les bébés. Elle recommande de les interdire et de mieux contrôler les produits vendus. Le gouvernement exige des "engagements" des fabricants sous 15 jours.

L'Anses a passé au crible 23 couches parmi les plus vendues en France, et confirme la présence de substances toxiques.
@CC0

Parfums, dioxines, PCB, glyphosate... Les couches-culottes que portent nos petits bouts contiennent bien des substances chimiques à des doses supérieures aux seuils sanitaires admis. C'est la conclusion de l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) dans un avis publié ce mercredi 23 janvier, et réclamé par le  gouvernement en janvier 2017 après un article de 60 millions de consommateurs. Le document est basé sur l'analyse de 23 couches parmi les plus utilisées, y compris les couches dites écologiques.

"On ne peut pas exclure un risque (...) puisqu'on observe un dépassement des seuils sanitaires pour un certain nombre de substances", a expliqué Gérard Lasfargues à l'AFP, directeur général délégué de l'Anses. L’Agence a identifié une soixantaine de substances chimiques qui "peuvent notamment migrer dans l'urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés".

Parmi elles, on trouve du glyphosate, le fameux herbicide du Roundup de Monsanto, des pesticides interdits depuis plus de quinze ans, comme le lindane ou l’hexachlorobenzène, de nombreuses substances parfumantes, ajoutées intentionnellement par les fabricants, ou encore des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), que l’on retrouve habituellement dans la fumée de cigarette ou celle des moteurs diesel. 

Pas de danger grave et immédiat

Les industriels et distributeurs du secteur ont été reçus à Bercy ce même jour par les ministres de la Santé, de l'Économie et de la Transition écologique. Ces derniers "exigent des fabricants et des distributeurs qu'ils prennent avant 15 jours des engagements pour éliminer ces substances des couches pour bébé" tout en précisant qu'il n'y a pas de "danger grave et immédiat". De son côté, la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) renforcera les contrôles en 2019 et la France plaidera à Bruxelles pour des règles européennes plus protectrices. Un premier bilan sera tiré dans six mois.  

Malgré cette alerte, le syndicat des fabricants de couche a tenu à rassurer les parents. "Les consommateurs peuvent continuer à utiliser les couches proposées par les fabricants de Group'hygiène en toute sécurité", a assuré sa déléguée générale Valérie Pouillat, s'engageant à "coopérer avec les autorités". Et dans un communiqué, l'entreprise Pampers assure que ses "couches sont sûres et l'ont toujours été". Elle indique avoir "déjà mis en place les recommandations formulées par le rapport" et affirme que ses produits "ne contiennent aucun des 26 allergènes listés par l'Union européenne".  

Concepcion Alvarez avec AFP


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