Publié le 17 février 2021

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[Fashion Revolution] Recyclage des chaussures, colis réutilisable, circuit court... le top 5 des engagements pour une mode durable

Recyclage de chaussures pour Eram et de soutiens-gorge pour Etam, plateforme de seconde main pour la Redoute, réduction des emballages pour les Galeries Lafayette ou encore circuit court pour le site de e-commerce Vestiaire Collective… Plusieurs marques du collectif Paris Good Fashion ont annoncé le 11 février des engagements pour une mode plus responsable. Cinq de ses engagements sont majeurs.

Mode durable pixabay
D'Eram à Vestiaire Collective, zoom sur cinq engagements pour une mode reponsable.
CC0

Etam mise sur le recyclage de soutien-gorge

Alors que le nombre de vêtements mis en vente a plus que doublé en 15 ans, le recyclage est indispensable pour limiter l’impact carbone de ce secteur ultra-polluant. Dans cette perspective, le 11 février, le groupe Etam a annoncé qu’à partir du 2 mars, des points de collectes de soutiens-gorge usés allaient être installés dans 350 boutiques. Le but est d’en recycler 100 000.

De son côté, Eram s’attaque aux chaussures. "Les chaussures sont plus compliquées à recycler que le textile car elles sont composées de plusieurs couches de matière. On travaille à un processus de désassemballage en vue du recyclage avec une visée industrielle. Il faut se mettre dans une logique de grande échelle", croit Isabelle Saviane, directrice RH et RSE du groupe Eram. 

La Redoute concurrence le Bon Coin avec la Reboucle

Le marché des vêtements d’occasion connait un vrai boom. Selon l’application américaine ThredUp il pourrait même peser plus lourd que la fast fashion en 2028. Et la Redoute ne veut pas passer à côté de ce levier de croissance durable. La marque a lancé La Reboucle. Les consommateurs peuvent acheter ou revendre des vêtements ou des meubles directement sur cette nouvelle plateforme. Ils peuvent choisir d’être payés en cash ou de recevoir une e-carte cadeau abondée de 25 %. "L’enjeu est de permettre à nos clients, de plus en plus appétants à la seconde main, de conjuguer démarche responsable et pouvoir d’achat", explique Philippe Berlan, le directeur général adjoint en charge du commerce.

Les galeries Lafayette veulent réduire les emballages

C’est un sujet sur lequel l’agroalimentaire a longtemps été attaqué. La mode est pourtant une grosse consommatrice d’emballages également. Le secteur produit chaque année des centaines de millions de "polybags" pour envelopper les vêtements et plus de 85 milliards de cintres. Le groupe Galerie Lafayette s’est engagé à transiter le plus vite possible vers l’emballage en papier. Mieux, il travaille actuellement avec des startups spécialisées dans l’emballage réutilisable. De son côté, La Camif travaille avec Hipli un système de colis réutilisable qui permet de sortir du tout jetable. Parallèlement, Paris Good Fashion, avec le soutien de la mairie de Paris, s’est engagé à créer une nouvelle filière de collecte pour le réemploi et le recyclage des polybags et cintres. 

Vestiaire Collective mise sur le local 

Le site français Vestiaire Collective est un pionnier du seconde-main. Il vend des pièces de luxe d’occasion dans le monde entier. Et justement, pour limiter le transport très polluant de vêtements entre des pays situés à des millions de kilomètres, la plateforme veut mettre en avant, pour les utilisateurs, les pièces les plus proches de chez eux. "On va "flaguer" les produits locaux", explique Sophie Hersan, la co-fondatrice de la plateforme. Cette décision fait écho à une autre tendance dans la mode : le Made in France. Les Galeries Lafayette ont d’ailleurs décidé de commercialiser d’ici 2024, 200 petites marques écoresponsables qui fabriquent leurs produits dans l’Hexagone. 

Eram veut être transparent 

Les consommateurs sont de plus en plus méfiants envers les enseignes de mode. Les scandales à répétition ont terni l’image du secteur. Pour renouer cette confiance, plusieurs marques s’engagent à communiquer l’ensemble des informations d’un produit à leurs clients. C’est le cas du groupe Eram qui va permettre  aux consommateurs d’accéder aux données de l’ensemble des 41 millions de produits vendus par son enseigne de chaussures Gemo. Le groupe a déjà accepté de partager ses informations avec l’application de notation Clear Fashion. Un gage de transparence de plus en plus important. Le groupe Etam a, lui, lancé en septembre le programme Transparency qui permet aux clientes d’avoir accès en vidéo aux coulisses des usines de confection de plus de 80 % des produits lingerie.

Marina Fabre, @fabre_marina


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