Publié le 09 novembre 2017

SOCIAL

À quoi sert l’expérimentation sur le revenu de base lancée en France ?

1 000 euros tous les mois pendant un an. L’expérimentation sur le revenu de base qui vient d’être lancée en France rencontre déjà un certain succès. En moins d’une semaine, 50 000 personnes se sont inscrits au tirage au sort qui doit désigner l’heureux élu et plus de deux revenus de base ont déjà été financés grâce à la campagne de crowdfunding. Le but ? Mettre le sujet sur la table et convaincre le gouvernement de voter une loi afin d’ouvrir la voie à une expérimentation nationale. 

Et vous que feriez vous avec 1000 euros
L'initiative collaborative sur le revenu de base en France ouvre la voie à une expérimentation nationale.
Capture d'écran

La barre des 26 000 euros a été franchie en à peine une semaine. De quoi financer au moins deux revenus de base lors du tirage au sort fixé pour le 6 décembre prochain. Plus de 50 000 personnes s'y sont inscrites. L’association Monrevenudebase (1), lancée par Julien Bayou, le porte-parole d’Europe-Ecologie Les Verts, a importé dans l’Hexagone une expérimentation menée depuis trois ans en Allemagne . Celle ci a déjà permis de financer 119 revenus de base outre-Rhin.

Le principe est simple. 1 000 euros par mois sont versés pendant un an à une personne tirée au sort. Sans distinction de ressources. Pour s’inscrire, il faut en revanche habiter en France et être majeur. Le financement est assuré par du crowdfunding. À chaque fois que le palier de 12 000 euros est atteint, une personne est désignée et ainsi de suite. La campagne de financement participatif lancée le 2 novembre a déjà réuni 853 donateurs. Et le premier revenu de base a été financé 24 heures seulement après son lancement officiel!

"Mener une vie plus saine"

"Nous avons été débordés par l’engouement, confie Julien Bayou, également conseiller régional en Ile-de-France. Notre objectif est de mettre le débat sur la table, d'interpeller l’opinion publique sur ce sujet et de faire la preuve que c’est possible". À chaque inscription, les participants peuvent expliquer ce qu’ils feraient avec ces 1 000 euros. Pour l’instant, 15 000 réponses ont été recueillies. La moyenne d’âge des répondants est de 37 ans. Et 53 % sont des femmes.

Nicolas, 36 ans, explique ainsi qu’il financera "des activités extra-scolaires à ses enfants" avec cet argent. Christine quant à elle réduirait son temps de travail (80 %) pour "consommer autrement, faire du sport, prendre soin d’elle, s’engager et faire du bénévolat". Sarah en profiterait pour "mener une vie plus saine, moins centrée sur le travail".

Vers une expérimentation nationale ?

Les gagnants mais aussi les participants pourront également, toujours de façon volontaire, répondre à un autre questionnaire sur qui ils sont. Toutes ces données seront ensuite analysées par une chercheuse, Suzanne Bellue, qui apporte une caution scientifique à l’expérience. "L’échantillon est énorme et constitue une importante source d’informations, explique-t-elle. Nous allons valoriser ces témoignages qui resteront anonymes afin de comprendre ce que change vraiment le revenu de base et tirer des enseignements sur le rapport au bien-être et au travail." 

Le MFRB (Mouvement français pour un revenu de base) soutient également l’initiative. Pour Nicole Teke, coordinatrice internationale au sein de l’organisation, "s’il y a forcément des biais - temporels et de sélection - cette initiative permet à chacun de se sentir concerné par les possibilités qu’offre le revenu de base et ouvre la voie à une expérimentation à l’échelle nationale." "Le revenu de base prend de l’ampleur. En France, plusieurs élus nous ont contactés car ils souhaitent pouvoir expérimenter le revenu de base sur leurs territoires, ajoute-elle. Mais pour cela, il nous faut une loi qui les autorise à le faire et donc convaincre le gouvernement. Au risque que la France ne soit à la traîne." 

La Finlande expérimente le revenu de base depuis le début de l’année sur 2 000 chômeurs. Les Pays-Bas, l’Écosse ou encore la ville de Barcelone s’apprêtent également à lui emboîter le pas. "Le revenu de base doit dépasser les clivages droite-gauche, comme la sécurité sociale qui avait été voté à l’unanimité au Parlement au sortir de la guerre" lance Nicole Teke.  

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Monrevenudebase.fr

 

 


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