Publié le 13 novembre 2020

POLITIQUE

Le gouvernement maintient le confinement en l'état et appelle à un effort "citoyen" sur le télétravail

Comme promis, 15 jours après la mise en place du deuxième confinement, le gouvernement est venu devant les Français faire état de son effet sur l'épidémie de Covid-19. Si les signes sont positifs, il n'y aura pas d'allégement du dispositif alors qu'une hospitalisation due au Covid-19 a lieu toutes les 30 secondes, selon le Premier ministre. Quant au télétravail, si les employeurs et salariés jouent le jeu, ils sont appelés à poursuivre encore plus leurs efforts pour limiter la propagation du virus. 

Elisabeth Borne Conference covid 12 novembre teletravail LudovicMarin AFP Pool
Élisabeth Borne, ministre du travail, assure que près d'un tiers Français peut facilement télétravailler.
@LudovicMarin/AFP/Pool

"Il serait irresponsable de lever ou d’alléger le dispositif". Le Premier ministre a hier, 12 novembre, douché les espoirs des commerçants. Alors qu’une hospitalisation due au Covid-19 a lieu toutes les 30 secondes en France et que 40 % des personnes admises en réanimation ont moins de 65 ans, le confinement, tel qu’il est appliqué depuis le 28 octobre, reste inchangé.

"Je sais quelles sont les angoisses des commerçants qui n'aspirent qu'à pouvoir travailler et qui sont très inquiets de ne pouvoir rouvrir assez tôt avant les fêtes de fin d'année. Notre objectif est bien de pouvoir y parvenir. Mais ce moment n'est pas encore venu", a déclaré Jean Castex qui espère toujours alléger les restrictions qui pèsent sur les commerces à partir du 1er décembre, si les quelques signes positifs constatés depuis une semaine se confirment. Ce reconfinement est en tout cas respecté par la majorité des Français. 

Baisse de 55 % dans le métro parisien

Le Premier ministre a ainsi constaté une baisse de 22 % des déplacements entre le domicile et le travail par rapport à septembre dernier. Plus frappant encore : les autorités annoncent une baisse de 55 % de fréquentation dans le métro parisien. L’appel au télétravail semble enfin avoir été entendu par les entreprises. Les employeurs ont "joué le jeu" a jugé la ministre du Travail Élisabeth Borne, qui a dévoilé les résultats d’une enquête menée auprès de 8 000 Français la semaine dernière. 

Ainsi 45 % des salariés du privé étaient en télétravail du 4 au 8 novembre et ils l’étaient plus longtemps que la semaine d'avant : 3,7 jours en moyenne contre 2,7 jours. Autre enseignement : seuls 23 % des salariés qui télétravaillent le pratiquent les cinq jours de la semaine. Certains salariés se sentent en effet isolés et préfèrent venir au moins une fois par semaine au travail pour retrouver du lien social. Face à ce problème, la ministre a lancé un numéro d’écoute et de conseil. "J'appelle tous les employeurs et les salariés à poursuivre leurs efforts. Chaque jour, chaque heure télétravaillé compte", alerte Élisabeth Borne. 

Le flou autour de l'obligation du télétravail

Car, si les chiffres sont bons, le télétravail reste encore compliqué pour certaines entreprises. La ministre a dû, à de multiples reprises ces derniers jours, rappeler son caractère obligatoire et brandi la menace de "contrôles et de sanctions". "Le télétravail n'est pas une option", a-t-elle martelé. Une annonce qui a poussé des salariés à réclamer du télétravail auprès de leurs employeurs réticents.

Mais certains se sont heurtés à un mur car, en réalité, comme le confirme à Novethic Emmanuelle Destaillats, avocate spécialiste en droit du travail, de la sécurité sociale et de la protection sociale, le protocole national en entreprise, dans lequel est inscrite cette obligation du télétravail, n’est "ni une loi, ni une ordonnance" et n’oblige pas l’entreprise à se soumettre à cette règle. Reste que l’employeur doit avoir pris toutes les mesures nécessaires pour protéger ses salariés et il pourrait être attaqué, juridiquement, sur ce point. 

Marina Fabre, @fabre_marina


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