Publié le 25 mai 2021

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Un scandale financier au Royaume-Uni fait peser un risque sur les aciéries françaises

Une enquête pour fraude vient d’être ouverte au Royaume-Uni à l’encontre du groupe sidérurgiste GFG Alliance, qui possède notamment les aciéries Ascoval ou Liberty Rail Hayange en France. Le manque de transparence du groupe et ses relations avec la société de financement en faillite Greensill sont au cœur de la controverse.

Acierie four electrique GFG Alliance
Le groupe GFG Alliance est présent en France au travers de ses filiales Liberty Steel pour l'acier et Alvance pour l'aluminium.
@GFG Alliance

En mars dernier, l’État français s’était penché au chevet des aciéries françaises, comme Ascoval ou Liberty Rail Hayange, quand leur maison-mère GFG Alliance avait vu s’assécher ses sources de financement. Mais les problèmes s’accumulent autour du groupe sidérurgique familial détenu par l’homme d’affaires Sanjeev Gupta. Le Serious Fraud Office, le parquet national financier britannique vient en effet d’ouvrir une enquête pour "fraude, commerce frauduleux et blanchiment d’argent" à l’encontre de la multinationale.

Les ennuis ont commencé lorsque la société de financement britannique Greensill, principal partenaire financier de GFG Alliance, a fait faillite en début d’année. Ses propres partenaires n’avaient plus confiance dans son modèle économique, et sa forte dépendance à son principal client, l’entreprise de Sanjeev Gupta, la mettait en risque. La BaFin, l’autorité de supervision financière allemande, a même commencé à enquêter sur les pratiques de Greensill, notamment sur les créances que la société finançait pour GFG Alliance.

Couper les robinets du crédit

Pour le sidérurgiste, la faillite de Greensill a eu pour effet de couper immédiatement les robinets du crédit. Il a dû trouver des ressources financières en remplacement, pour ne pas devoir mettre la clé sous la porte à son tour. En France, le groupe est présent via ses filiales Liberty Steel, pour l’acier, et Alvance, pour l’aluminium. Au début du mois de mars, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des finances, a voulu rassurer les quelque 2000 salariés français du groupe en déclarant que l’État serait derrière les salariés et saurait aider à trouver les financements nécessaires pour maintenir l’activité.

L’annonce, le 14 mai, de l’ouverture de l’enquête par le Serious Fraud Office sur "le financement, la conduite des affaires des entreprises dans le Gupta Family Group Alliance, dont ses arrangements financiers avec Greensill Capital UK", risque de tout bouleverser. Les partenaires financiers avec lesquels GFG Alliance négociait pour remplacer Greensill commencent déjà à se retirer. C’est le cas de l’américain White Oak Global Advisors, qui devait lui fournir un prêt pour renflouer des opérations. La simple ouverture d’une enquête pour fraude constitue un risque de controverse trop élevé pour eux.

Concernant les sites français, le groupe GFG Alliance avait déclaré quelques jours avant l’annonce de l’enquête du SFO être toujours en quête de nouveaux financements, mais ne pas exclure une éventuelle cession. Les syndicats français du groupe Liberty avaient déclaré à l’AFP préférer la solution d’un repreneur.

Arnaud Dumas, @ADumas5


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