Publié le 19 mai 2021

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Engie mise sur les énergies renouvelables, se sépare du charbon et vise la neutralité carbone pour 2045

Le 18 mai, Engie a annoncé sa nouvelle stratégie et affirmé sa volonté de miser sur les énergies renouvelables. Le groupe entend atteindre 80 gigawatts de solaire et d'éolien d'ici 2030, contre 31 aujourd'hui et se séparer de ses centrales à charbon. Il a par ailleurs indiqué son ambition d'être neutre en carbone d'ici 2045. 

Catherine McGregor DG Engie Engie
La directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor a pris ses fonctions en début d'année après l'éviction d'Isabelle Kocher.
@Engie

Engie dit vouloir "être au cœur des évolutions structurelles du secteur". À l'heure où d'importants concurrents issus de l'activité pétrolière, comme BP, Shell ou Total, se mettent à investir massivement dans l'éolien ou le solaire, le géant français de l’énergie a dévoilé sa nouvelle stratégie mardi 18 mai et entend rattraper son retard. 

Il s'agit d'accélérer dans les renouvelables, moyennant un investissement important de 15 à 16 milliards d'euros, dont 40 à 45% destinés aux énergies vertes, tout en conservant cependant la distribution de gaz naturel. Le groupe veut passer d'une croissance annuelle moyenne dans les renouvelables de 3 gigawatts (GW) actuellement "à 4 GW entre 2022 et 2025, puis à 6 GW entre 2026 et 2030". Il devrait ainsi disposer d'une capacité totale installée de 50 GW en 2025 et 80 GW en 2030, contre 31 GW aujourd'hui. Engie entend aussi développer la production d'hydrogène vert, c'est-à-dire produit sans énergies fossiles, à 4 GW à l'horizon 2030.

"La concurrence est là, elle bouge, elle évolue. Et il faut que nous prenions des mesures importantes pour pouvoir saisir ces opportunités", a expliqué lors d'une conférence de presse la directrice générale Catherine McGregor. L'ex GDF Suez s'est lancé depuis plusieurs années dans une profonde mutation. Dans l’objectif de recentrer ses activités, le groupe Engie a par ailleurs réaffirmé son intention de se séparer de ses activités de services (installations électriques, de chauffage, climatisation…).

Aller vers le net zéro carbone

La directrice générale s’est par ailleurs déclarée "très heureuse" d’annoncer l’engagement du groupe vers un objectif "net zéro carbone" à l'horizon 2045, contre 2050 auparavant, sur tous les "scopes". C'est-à-dire en prenant aussi en compte les émissions indirectes de son activité liées à sa sous-traitance et à la consommation de ses produits. Total et Shell se sont engagés à atteindre un tel objectif pour 2050. L'ONG Reclaim Finance a toutefois critiqué l’absence de détails pour atteindre l’objectif et juge qu'"Engie n'entend pas s'aligner sur une trajectoire (de limitation du réchauffement climatique à) 1,5°C".

L’ONG critique notamment la "dépendance" du groupe au gaz naturel liquéfié (GNL), dont l'impact environnemental est sujet à controverse. Outre les renouvelables et les solutions énergétiques (réseaux urbains de chaud et de froid, production décentralisée d'énergies...), Engie va continuer de s'appuyer sur les infrastructures (comme les réseaux de transport de gaz) et la production thermique (centrales à gaz).

Le groupe a cependant réaffirmé sa volonté de sortir du charbon, très polluant et émetteur de carbone, en Europe d'ici 2025 et au niveau mondial d'ici 2027. Engie a détaillé mardi le sort envisagé pour ses 10 centrales : quatre fermetures, quatre conversions au gaz ou à la biomasse et deux cessions. Des solutions "loin d'être satisfaisantes", pour Reclaim Finance, qui réclame des fermetures.

Pauline Fricot, @PaulineFricot avec AFP


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