Publié le 27 avril 2018

ENVIRONNEMENT

Les fabricants de cigarettes devront payer pour la gestion de leurs déchets

Le gouvernement veut désormais que les fabricants de cigarettes payent pour la gestion de leurs déchets, notamment les mégots, hyper polluants. Jusqu'ici la filière était épargnée par la REP, la responsabilité élargie des producteurs qui impose de prendre en compte tout le cycle de vie d'un produit. Confronté à une forte baisse de ses ventes en France, Philip Morris dénonce une "nouvelle taxe sur les prix". 

2 milliards de mégots par an sont jetés dans les rues de la Capitale.
@fuzznails

Et si les fabricants de cigarettes payaient pour la pollution qu’ils génèrent ? C’est la proposition émise par le gouvernement dans la nouvelle feuille de route sur l’économie circulaire publiée le 23 avril. À défaut d’engagements volontaires des acteurs concernés, elle prévoit d’instruire "le déploiement d’un dispositif de type "filière REP" portant notamment sur les cigarettes".

Le concept des filières REP, responsabilité élargie pour les producteurs, impose aux fabricants d’un produit générant des déchets la responsabilité financière de la gestion des déchets induits, suivant le principe du pollueur payeur.

Un mégot contamine jusqu'à 500 litres d'eau 

"Nous voulons mobiliser les producteurs de cigarette pour la gestion des mégots : à eux d’inciter les fumeurs à changer leurs habitudes et de changer le ramassage, aujourd’hui à la charge des collectivités", a précisé le Premier ministre Édouard Philippe lors de la présentation de la feuille de route. Depuis 1992, plusieurs filières sont ainsi concernées par la REP. On compte par exemple les piles, les médicaments non utilisés, les emballages ménagers, les textiles…

Chaque seconde dans le monde, 137 000 mégots sont jetés par terre. Un seul mégot peut contaminer jusqu’à 500 litres d’eau, à cause de la nicotine, des métaux lourds ou du phénol. "Les mégots jetés par les fumeurs dans la rue coûtent cher car il faut les ramasser. Rien que pour Paris, ce sont deux milliards de mégots par an qui sont jetés", a expliqué sur BFMTV la secrétaire d'État à la Transition écologique Brune Poirson.

"C'est une nouvelle taxe sur les prix", fustige Philip Morris 

"Cette annonce de possible création d’une éco-contribution pour la gestion écologique des mégots n’est rien d’autre qu’une nouvelle taxe sur les prix et, en définitive, sur tous les consommateurs adultes", a réagi le 25 avril, dans un communiqué, le fabricant Philip Morris. Cette taxe accentuerait "un peu plus encore la pression à la hausse sur les prix de vente au détail des produits du tabac, quelques semaines après des augmentations massives qui sont entrées en vigueur après homologation le 1er mars 2018", a ajouté le fabricant.

Ce que s’est empressé de rectifier le ministre en charge des Comptes publics, Gérald Darmanin. "Ce ne sont pas les Français qui vont payer une taxe sur les mégots", a-t-il précisé. "Ce que nous allons mettre en place avec le ministère de l’Écologie, c’est travailler sur la filière, avec un principe pollueur-payeur".

Les fabricants sont confrontés à une importante baisse de ventes en France. Les derniers chiffres montrent une chute de 19 % des livraisons auprès des débitants. Et un bond de 45 % sur les patchs aidant à arrêter de fumer. Début février, Philip Morris a même annoncé qu'il voulait changer de business model pour s'orienter massivement vers la vente de produits alternatifs à la cigarette. 

Marina Fabre @fabre_marina avec AFP


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