Publié le 07 juin 2021

ENVIRONNEMENT

Depuis 1960, un tiers des surfaces terrestres ont été modifiées par l'Homme

De 1960 à 2019, l'humain a considérablement modifié la surface terrestre. Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications établit ainsi que 43 millions de kilomètres carrés ont changé d'utilisation, en raison de la déforestation ou de l'expansion agricole. Or, selon les experts du Giec, les changements d'affectation des sols représentent 20 à 25 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales.

Deforestation changement sol Free Photos de Pixabay
En moyenne, une superficie de terre deux fois plus grande que celle de l’Allemagne change d’utilisation chaque année.
Free-Photos de Pixabay

L’impact humain sur la Terre est beaucoup plus important que ce que les scientifiques ne le pensaient jusqu’ici. Selon une nouvelle étude parue dans la revue Nature communications le 11 mai dernier, près d’un tiers de la superficie terrestre mondiale a été modifiée au cours des six dernières décennies, de 1960 à 2019. En moyenne, une superficie de terre deux fois plus grande que celle de l’Allemagne change d’utilisation chaque année. "C’est environ quatre fois plus que ce qui était précédemment estimé à partir des évaluations à long terme du changement des terres", écrivent les chercheurs. 

Déforestation, pâturage, expansion agricole, urbanisation… Les changements d’affectation des terres sont multiples. Pour des estimations plus précises, les chercheurs ont couplé deux données : celles transmises par imagerie satellite à haute résolution et celles des enquêtes statistiques de l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’analyse révèle une perte nette globale de 0,8 million de km² de superficie forestière alors que les terres cultivées et les pâturages ont eux augmenté de 1 et 0,9 million de km². 

"Ces tendances mondiales en matière de changement d’affectation des terres marquent cependant de nombreuses trajectoires régionales différentes", prévient le groupe de chercheurs européens. "Alors que les superficies forestières dans le Nord (y compris la Chine) ont augmenté, les zones forestières dans les pays en développement du Sud ont fortement diminué", précisent-ils. C’est exactement l’inverse pour les terres cultivées dont les surfaces ont baissé dans le Nord mais augmenté dans le Sud. 

Un phénomène très émetteur

Les chercheurs identifient deux phases différentes : une accélération du taux de changement d’affectation des sols de 1960 à 2004 et une décélération du phénomène liée à la crise économique de 2006. "Avec la fin du boom économique pendant la Grande Récession, la demande mondiale de matières premières a chuté. Les pays qui se concentraient sur la production de produits de base pour les marchés mondiaux avant la crise n’ont plus trouvé d’acheteurs pour leurs produits, ont réduit la production agricole, et, par conséquent, le taux d’expansion des terres agricoles", analysent les chercheurs. 

Si la tendance est à la baisse, cela ne va pas assez vite. Car le changement d’utilisation des terres est le deuxième plus grand contributeur d’émissions de gaz à effet de serre et "joue un rôle important dans la lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité", prévient l’autrice principale de l’étude dans Independent, Karina Winkler. En 2018, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a établi que le changement d’affectation des terres et de la foresterie était responsable de 20 à 25 % des émissions globales de gaz à effet de serre, notamment à cause de la libération du carbone stocké dans le sol.  

Marina Fabre, @fabre_marina


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