Publié le 02 juin 2017

ENVIRONNEMENT

Donald Trump contre le reste du monde

L’annonce de Donald Trump de son retrait de l’Accord de Paris a créé un sursaut de mobilisation. L’Europe a fermement déclaré qu’elle ne négocierait pas un traité au rabais. Aux États-Unis, plusieurs États et grandes villes ont déjà indiqué former une alliance climatique. De leur côté, les entreprises, même celles des énergies fossiles, lâchent un président de plus en plus isolé. 

Angela Merkel, Emmanuel Macron, Xi Jinping, Arnold Schwarzenegger, Barack Obama, Nicolas Hulot, Tim Cook, Darren Woods, et Jerry Brown

"Je ne veux pas croire à une sortie des États-Unis de l’Accord de Paris", disait la semaine dernière, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire. Et pourtant, jeudi 1er juin, Donald Trump a mis fin à un pseudo-suspense et a annoncé que les États-Unis sortaient de l’Accord, comme il l’avait promis lors de la campagne présidentielle.

Très vite, Emmanuel Macron a réagi dans un discours en Anglais et en Français. Dans une formule très reprise par la presse étrangère, il a appelé à "rendre sa grandeur à notre planète", "Make our planet great again", détournant ainsi le célèbre slogan de Donald Trump "Make America great again". Le Président français assure qu'il n’y aura pas de négociations pour un Accord de Paris moins ambitieux car "il n’y a pas de planète B".

La chancelière allemande a, elle aussi, "regretté" cette décision. C’est une "triste journée pour le monde", a déclaré de son côté le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen.

La résistance des villes et des États américains 

Outre-Atlantique, l’ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, a misé sur la résistance des États, villes et entreprises qui "seront à la hauteur et en feront encore plus pour protéger notre planète". Quelques heures seulement après l’annonce de Donald Trump, les gouverneurs de New-York, de Californie et de Washington ont annoncé la création d’une alliance climatique, "une coalition qui réunit les États américains engagés à respecter l’Accord de Paris et à prendre des mesures énergiques contre le changement climatique".

 

 

Déjà lors de l’adoption d’un décret anti-environnement par Donald Trump, une coalition de 23 États fédéraux et de villes promettaient de ne pas appliquer la nouvelle mesure. "Nous ferons valoir notre propre leadership du 21ème siècle et tracerons un chemin différent", écrivaient les gouverneurs de Washington, de l’Oregon, de Californie et les maires de Seattle, Portlang, San Franciso ou encore Los Angeles.

Le célèbre acteur et ancien gouverneur de Californie, Arnold Swarznegger a lui aussi fustigé la décision de Donald Trump. "Un seul homme ne peut pas détruire tous nos progrès. Un seul homme ne peut pas détruire notre révolution des énergies renouvelables. Un seul homme ne peut pas revenir en arrière dans le temps. Moi seul peut le faire", déclare-t-il dans une vidéo qui fait le buzz sur internet. 

 

 

 

 Les patrons lâchent Trump

Même les patrons d’entreprise qui siégeaient au Conseil économique de la Maison Blanche ont claqué la porte. Elon Musk, fondateur de Tesla et SpaceX, ainsi que Bob Iger, le PDG de Disney, ont remis leur démission au Président. "Je quitte les conseils présidentiels. Le changement climatique est réel. Quitter Paris n’est pas bon pour l’Amérique et le monde", a tweeté Elon Musk quelques minutes après l’annonce du Président.

Am departing presidential councils. Climate change is real. Leaving Paris is not good for America or the world.

— Elon Musk (@elonmusk) 1 juin 2017

 

Plusieurs compagnies pétrolières comme ExxonMobil et ConocoPhilips s’étaient positionnées en faveur de l’Accord de Paris. "Il faut un cadre tel que celui-ci pour faire face aux risques du changement climatique", rappelait la veille de l’annonce Darren Woods, le directeur général d'Exxon lors de l’Assemblée générale du groupe. Même l’Association mondiale du charbon (WCA) pour qui l’Accord de Paris était un arrêt de mort n’a pas crié victoire mais a plutôt appelé à une renégociation de l’Accord.

Reste que cette décision de Donald Trump a permis de clarifier la position des États-Unis sur le sujet. Depuis sa prise de fonction, le président détricotait minutieusement les mesures environnementales de son prédécesseur, sans qu'une forte mobilisation internationale ne naisse. "Cette crise va être extrêmement utile et mobilisatrice", estime Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne pour le climat.

Marina Fabre @fabre_marina


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