Publié le 21 juillet 2021

ENVIRONNEMENT

Loi climat : entre enthousiasme et frustrations, le projet de loi définitivement adopté par le Parlement

Le texte final du projet de loi Climat et résilience a été adopté par le Parlement, après plusieurs mois d’examen par les deux chambres. Issu des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, il s’agit du grand chantier sur l’écologie voulu par Emmanuel Macron. Certains saluent une première pierre fondatrice, quand d'autres déplorent un texte ne permettant pas d’atteindre les objectifs climatiques de la France et de l’Europe.

Barbara pompili loi climat capture d'écran Assemblée nationale
La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a présenté la loi comme un "tournant culturel".
Capture d'écran Assemblée nationale

Des 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat, il reste désormais une loi. Le projet de loi Climat et résilience a définitivement été adopté le 20 juillet 2021 par le Parlement à 233 voix pour, 35 contre et 74 absentions. Il doit permettre d’atteindre une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990. Après plusieurs mois d’examen par l’Assemblée nationale et le Sénat, le texte final acte plusieurs mesures phares, comme la fin de la location des pires passoires thermiques à partir de 2025, la fin des vols lorsqu’il existe une alternative en train à moins de 2h30 ou la généralisation des menus végétariens hebdomadaires dans les cantines scolaires.

Le Premier ministre Jean Castex s’est dit "fier du travail accompli et de sa portée historique" de cette loi. "Fruit d'un exercice démocratique inédit initié par la Convention citoyenne pour le climat, la loi Climat et Résilience va faire rentrer l'écologie dans nos vies et préserver l'environnement dans nos gestes du quotidien" a-t-il ajouté sur le réseau social Twitter.

Des réactions contrastées

Le texte ne fait cependant pas l’unanimité. L’opposition souligne que la loi ne permet pas d’atteindre les ambitions climatiques de la France, s’appuyant sur l’avis rendu par le Haut Conseil pour le climat. "Il faudrait être de mauvaise foi pour considérer que cette loi n’est rien", a exprimé le socialiste Dominique Potier devant l’Assemblée nationale, mais il faudrait être "malhonnête intellectuellement pour penser qu’elle est à la hauteur des enjeux auxquels elle était censée faire face", a-t-il ajouté. Son groupe a d'ailleurs déposé une motion de rejet de la loi, c’est-à-dire l’abandon du texte sans discussions. Du côté des ONG environnementales, Greenpeace regrette dans un communiqué de presse un "immense gâchis" et déplore que "le climat se trouve perdant". Même constat du côté des Amis de la Terre qui estime que "cette loi représente l’échec du quinquennat Macron".

Nombreux sont ceux qui ont pointé une loi déjà rendue obsolète par son homologue européenne, dont des mesures ont été présentées par la Commission la semaine précédente. Bruxelles vise une réduction de 55 % des émissions de CO2 au niveau européen contre - 40 % dans la loi française climat et résilience. "Vous faites partie d’un gouvernement qui s’est engagé avec les autres pays de l’UE à parvenir à -55% d’ici 2030, et vous ne faites même pas ce qu’il faut pour parvenir à -40%", a déclaré l'un des garants de la Convention citoyenne pour le climat, Cyril Dion, sur le réseau social Twitter.

"Ce travail est complémentaire par rapport à ce qui va se faire en Europe" avait cependant souligné plus tôt la ministre Barbara Pompili dans l'hémicycle. "Tout le monde sera insatisfait […]", a -t-elle ajouté. "J’espère que ceux qui pensent que ce texte ne va pas assez loin seront à mes côtés pour m’aider face à tous ceux qui disent que cette loi est inapplicable".  L’association des 150 citoyens tirés au sort n’a pas encore réagi.

Pauline Fricot, @PaulineFricot 


© 2021 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Climat

Les alertes sur le changement climatique lancées par les scientifiques conduisent à l’organisation de sommets internationaux, à la mise en place de marché carbone en Europe mais aussi en Chine. En attendant les humains comme les entreprises doivent déjà s’adapter aux changements de climat dans de nombreuses parties du monde.

IMG ours renne @Izabela Kulaszewicz

Réchauffement climatique : les images inédites d'un ours chassant un renne

C'est une scène inhabituelle. Pour la première fois, un ours polaire a été filmé en train de chasser et se nourrir d'un renne dans l'archipel du Svalbard, au nord de la Norvège. Un phénomène qui semble se multiplier à mesure que la banquise, terrain de chasse des ours, disparaît.

Cow Pixabay vaches

Le méthane devient (enfin) un sujet majeur de la lutte contre le changement climatique

Si la réduction du CO2 dans l'atmosphère occupe le devant de la scène, la lutte contre les émissions de méthane s'est progressivement imposée comme une mesure indispensable et prometteuse pour atteindre les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique. Si la problématique émerge depuis...

Raffinerie Exxon Slagen Norvege 01

Les émissions mondiales du secteur pétrole et gaz sont largement sous-estimées, selon la coalition Climate Trace

Le secteur du pétrole et gaz aurait émis près d’un milliard de tonnes de CO2 de plus que celles reportées officiellement, selon un rapport de Climate Trace. Cette coalition d’ONG, d’entreprises de la tech et d’universités a développé une base de données sur les émissions des grands secteurs...

Neutralite carbone compensation credits carbone istock

COP26 : Le Pacte de Glasgow fixe enfin des règles pour les marchés carbone

À la COP26, les États sont enfin parvenus à un accord sur l'article 6 de l'Accord de Paris, régissant les marchés carbone. Ces derniers, en plein essor, n'étaient plus régulés depuis deux ans. Le texte négocié à Glasgow a permis d'exclure le risque de double-comptage, encore défendu ardemment par...