Publié le 23 janvier 2017

ENVIRONNEMENT

Donald Trump au pouvoir : America First, climate last

L’Amérique d’abord, le climat (bien) après. Le président Donald Trump, après avoir supprimé la page dédiée au réchauffement climatique sur le site de la Maison Blanche, a annoncé vouloir "profiter des réserves inexploitées" du territoire américain et lever toutes les restrictions sur l’exploitation des énergies fossiles. 


Le changement climatique, où ça ? Donald Trump, investi il y a seulement trois jours, n’a pas chômé. En quelques heures, l’administration du nouveau président des États-Unis a supprimé toutes les références au réchauffement climatique ainsi que la page dédiée au sujet sur le site de la Maison Blanche.

Sur le fond, la nouvelle page, renommée "America First Energy Plan", "plan énergétique pour l’Amérique d’abord", évoque "l’élimination des politiques néfastes et inutiles pour le climat et les eaux des États-Unis". Dans le viseur de Donald Trump, le Plan d’action pour le climat engagé par Barack Obama (President's Climate Action Plan) en 2013. Destiné à réduire les émissions des très polluantes usines à charbon, ce plan représentait la feuille de route des États-Unis vers la transition énergétique.

 

"La révolution du pétrole et du gaz de schiste"

 

"Nous avons trop longtemps été retenus par des réglementations lourdes pesant sur notre industrie énergétique", juge le nouveau président. Pour y remédier il va donc lever toutes les "restrictions" d’exploitation des énergies fossiles. "Nous allons embrasser la révolution du pétrole et du gaz de schiste pour apporter des emplois et la prospérité à des millions d’Américains".

L’administration Trump mise sur l’exploitation "maximum" des ressources américaines, qu’elle évalue à 50 milliards de dollars, pour augmenter de 30 milliards de dollars "les salaires" des travailleurs sur les sept prochaines années. Le reste sera dédié à la construction d’infrastructures publiques.

 

Des antagonismes multiples

 

Après cette accumulation de mesures favorables à la pollution, aux énergies fossiles, à l’exploitation sans limite des ressources du territoire, Donald Trump souhaite… une "gestion responsable" de l’environnement. "La protection de l’air pur et de l’eau potable, la conservation de nos habitats naturels et de nos ressources resteront une priorité". Reste à savoir comment une exploitation illimitée des ressources peut aller de pair avec cette ambition.

Le même antagonisme est à noter concernant les usines à charbon, que Donald Trump veut relancer tout en s’adaptant à "la technologie du charbon propre". Une notion très décriée qui se traduit par la mise en place de captage et de stockage de CO2.

Enfin, le rôle de l’EPA, l’Agence américaine de protection de l’environnement se "précise". Son rôle sera "recentré" autour de la "protection de notre air et de notre eau". Rappelons que l’EPA devrait être dirigé par le climato-sceptique Scott Pruitt. Cet ancien procureur général de l’Oklahoma a bénéficié du soutien financier des compagnies pétrolières et a même traîné en justice l’EPA.

Marina Fabre
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