Publié le 09 décembre 2019

ENVIRONNEMENT

COP25 : les cinq infos à retenir de la première semaine

Mobilisation record des jeunes, appel à l'action des parents, les acteurs non-étatiques américains sur la bonne voie et des négociations au point mort. Novethic fait le bilan de la première semaine à la COP25. Celle-ci doit finaliser les dernières règles de mise en oeuvre de l'Accord de Paris et préparer le terrain pour la relève de l'ambition climatique en 2020.

Cop 25 illustration UNFCC
Après des discussions techniques, le segment plus politique démarre mardi 10 décembre avec les responsables de haut niveau de chaque pays.
@UNFCC

1) Accord de Paris : des négociations qui patinent

Au terme d’une semaine de discussions, chacun campe toujours sur ses positions. L’enjeu de cette COP25 est notamment de régler les derniers aspects techniques de la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur les marchés carbone et le mécanisme des pertes et préjudices. Les compromis semblent difficiles à trouver. Après les pourparlers techniques, place désormais au segment ministériel qui débutera mardi 10 décembre avec les représentants de haut niveau des pays membres.

Une nouvelle fois, plusieurs pays "en développement", comme la Chine, l’Inde et le Brésil, insistent pour que les pays développés respectent leurs engagements pour 2020, dans le cadre du protocole de Kyoto, selon le principe de responsabilité différenciée. Pour le négociateur indien Ravishankar Prasad, cité par AEF Développement durable, "demander à chaque pays d’améliorer son plan d’action ou de s’engager à atteindre un niveau d’émission net zéro d'ici à 2050 n’a pas de sens si nous laissons un groupe de pays s’en tirer sans respecter leurs engagements".  

2) Les jeunes maintiennent la pression

Vendredi 6 décembre, près de 500 000 personnes ont manifesté dans les rues de Madrid. Parmi eux, Greta Thunberg, arrivée le matin même en train depuis Lisbonne, après une traversée de l’Atlantique en catamaran. "Nous faisons grève depuis plus d'un an et, globalement, rien n'a changé, la crise climatique est toujours ignorée par les gens au pouvoir", a dénoncé la jeune Suédoise. "Les dirigeants actuels nous trahissent et nous ne laisserons plus cela se produire. Le changement est en marche, qu’ils le veuillent ou non, car nous n’avons pas d’autres choix", a-t-elle martelé, avant de quitter le cortège pour des raisons de sécurité.

Ce lundi 9 décembre, plus d’un millier de journalistes se sont pressés au centre de conférence dans la capitale espagnole pour écouter celle qui est devenue l’égérie du mouvement climatique. Mais elle est quasiment restée mutique, laissant la parole à d’autres jeunes déjà impactés par le changement climatique. "Deux mètres seulement séparent ma maison de l’eau. Nous ne voulons pas perdre ces deux mètres, alors que les îles Marshall ne représentent que 0,00001 % des émissions mondiales", a ainsi témoigné un jeune.

3) Investisseurs, acteurs, parents,… les appels à l’action se multiplient

Ce lundi 9 décembre, une masse sans précédent de 631 investisseurs institutionnels – gérant 37 000 milliards de dollars – ont appelé les gouvernements à agir. La semaine dernière, des parents de 27 pays du monde entier se sont également mobilisés pour que les délégués à la COP25 se comportent en "véritables héros" afin de "donner à nos enfants l’avenir qu’ils méritent".

Le manque d’action politique a également été dénoncé par le Pape François qui appelle à repenser nos modèles de consommation. À la veille de l’ouverture de la COP25, l’ancien secrétaire d'État américain John Kerry avait quant à lui lancé la coalition World War zero qui réunit Leonardo Di Caprio ou encore Emma Watson, afin de "pousser le monde à répondre à la crise climatique de la même manière que nous nous étions mobilisés pour gagner la Seconde Guerre mondiale".

4) Les États-Unis sont encore dans le jeu

Selon un nouveau rapport de l'Université du Maryland et le Rocky Mountain Institute, "Accelerating America’s Pledge",publié ce lundi 9 décembre, les engagements des acteurs non-étatiques américains sont en bonne voie pour atteindre plus des deux tiers de l'objectif du pays pris en 2015. Cela permettrait de réduire les gaz à effet de serre de 25 % d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005. L’initiative America’s Pledge avait été lancée au lendemain de l’annonce par Donald Trump du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris. Elle rassemble près de 4 000 acteurs non-étatiques, représentant 68 % du PIB américain, 65 % de la population américaine et 51 % des émissions américaines.

De nombreux patrons de la Silicon Valley ont également signé un communiqué pour demander au gouvernement américain de rester dans l’Accord de Paris. Parmi eux, Tim Cook (Apple), Satya Nadella (Microsoft), Sundar Pichai (Google), Ginni Rometty (IBM) ou encore Elon Musk (Tesla). Plusieurs groupes français exerçant aux États-Unis sont aussi présents comme Decathlon, L'Oréal, ou encore Kering.

5) Une COP placée sous le signe des océans

Le Chili, qui préside la COP25, a annoncé qu'il lancera une plateforme dédiée aux solutions basées sur les océans, nommées "Solutions for the ocean", en juin lors d’une conférence des Nations unies. Un nouveau rapport de l’Union internationale pour la conservation de la nature estime que le taux global d’oxygène a diminué de 1 % à 2 % entre 1960 et 2010 dans le milieu marin. Et les simulations prévoient que la baisse pourrait atteindre entre 1 % et 7 % de plus d’ici à la fin du siècle, mettant en péril certaines espèces de poissons.

Concepcion Alvarez @conce1


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