Malgré le report d'un an de la COP26 de Glasgow (Écosse) sur le climat, certains des plus gros émetteurs de la planète, tels que la Chine ou encore le Japon, ont pris des engagements vers la neutralité carbone. L'ensemble de ces nouvelles annonces placent le monde sur une trajectoire de réchauffement de 2,1°C, selon Climate Action Tracker. Jamais nous n'avions été si près de l'objectif de l'Accord de Paris, dont nous célébrerons le cinquième anniversaire ce 12 décembre.

L’Accord de Paris a tenu bon. Cinq ans après son adoption au Bourget, le 12 décembre 2015, ce texte a résisté à la défection américaine et aux assauts brésilien, saoudien, ou australien. Mieux encore, il a connu une renaissance avec une accélération des engagements ces derniers mois vers la neutralité carbone, de la part de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, du Canada ou encore de l’Afrique du Sud. Le nouveau Président des États-Unis, Joe Biden, a de plus annoncé le retour de son pays dans ce traité.  
En y ajoutant les engagements plus anciens de l’Union européenne, le réchauffement global serait ainsi limité à +2,1°C d’ici 2100, selon les estimations du Climate Action Tracker. "Avant la COP21, nous nous dirigions vers un réchauffement compris entre +4 et +6°C. Après les engagements de 2015, nous étions passés à +3,7°C et aujourd’hui, enfin, nous voyons des progrès et nous avançons vers la décarbonation de l’économie", se réjouit Christiana Figueres, l’ancienne secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur le Changement climatique (CCNUCC).  
"Des raisons d’espérer"
"Autre signe que l’Accord de Paris est bien vivant : toutes ces annonces ont été faites malgré la crise économique et avant le dénouement de l’élection américaine sans que celle-ci ne représente une quelconque forme de conditionnalité" complète Sébastien Treyer, directeur général de l’Iddri. "Il y a donc des raisons d’espérer, ce qu’on voulait est en train d’advenir, même si nous devons rester vigilants afin que ces promesses soient désormais traduites dans les actes." 
"La neutralité carbone, encore perçue il y a cinq ans comme une idée folle, est désormais devenue la norme", poursuit Christiana Figueres. Plus d’une centaine de pays ont ainsi indiqué qu’ils travaillaient sur un tel objectif à 2050 ainsi que de nombreuses villes et régions à travers le monde et des centaines d’entreprises, certaines prenant même comme horizon 2030 ou s’engageant à être carbon free (Google) ou carbon négative (Microsoft).
Conformément à l’Accord de Paris, les 189 Parties (sur 197) ayant ratifié le texte – manquent à l’appel la Turquie, l’Iran, l’Irak ou encore la Libye – ont jusqu’à la fin de l’année pour présenter une contribution nationale déterminée (NDC) revue à la hausse. 16 pays, représentant 4,6 % des émissions globales, se sont déjà acquittés de cette tâche. Le Royaume-Uni, qui vient de relever son objectif de réduction des émissions à -68 %, ainsi que l’Union européenne, qui doit adopter cette semaine un objectif de -55 %, doivent être les prochains sur la liste.
"Une nouvelle ère pour les COP"
De nouvelles contributions doivent aussi être dévoilées lors du sommet du 12 décembre. Il est co-organisé par les Nations-Unies, le Royaume-Uni, la France, le Chili et l’Italie pour fêter les cinq ans de l’Accord de Paris. Cet événement doit ainsi permettre de préparer la COP26 à Glasgow, reporté à novembre 2021. "Après avoir perdu un an en raison du Coronavirus, il fallait un événement mobilisateur comme celui-ci pour raviver la flamme et lancer la dynamique jusqu’à la COP26. Mais le risque, c’est qu’il ne s’y passe pas grand-chose, avec peu d’annonces notamment sur les financements", prévient David Levaï, chercheur à l’Iddri.  
Si ce sommet du 12 décembre est très attendu politiquement, quelques questions techniques devront impérativement être résolues l’année prochaine sur les règles d’application de l’Accord de Paris notamment sur les marchés carbone, sur la transparence ou sur les 100 milliards de dollars promis par les pays du Nord à ceux du Sud. "La COP26 devra boucler ces sujets afin d’ouvrir un nouveau cycle de COP plus politique, permettant de lever les points blocages de chacun vers plus d’ambition", conclut Sébastien Treyer.
Concepcion Alvarez @conce1

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