Publié le 03 août 2020

ENVIRONNEMENT

[Vive la biodiversité] Cette nature qui nous fait du bien à la tête et au corps

Pour les citadins privés de nature pendant le confinement, la pandémie du Covid-19 a fait l’effet d’un électrochoc sur leur besoin vital de "vert". Car oui, les études le prouvent, la nature a un effet direct sur notre santé physique et mentale. La Corée du sud en a même fait un pilier de sa politique santé. Toute la semaine, Novethic se penche sur les bienfaits d’une biodiversité pourtant en déclin et qu’il est vital de préserver. 

Biodiversite nature sante bien etre iStock patpitchaya
Les études le prouvent, la nature a un effet direct sur notre santé physique et mentale
@patpitchaya

"Ouvrez les parcs!" Pendant le confinement lié à la pandémie de Covid-19, le mot d’ordre a circulé de plus en plus intensément sur les réseaux sociaux au fur et à mesure que les citadins souffraient d’être privé de leur seul accès à la nature. Pendant cette période, près de 70 % des Français disent avoir ressenti un manque de "vert", selon un sondage YouGov pour le HuffPost LIFE.

Loin d’être anecdotique, ce manque a eu une vertu : rappeler à tous le besoin de nature pour notre santé mentale et physique. "On le sait, on le sent, contempler l’océan, gravir une montagne, courir dans un champ de fleurs sauvage fait du bien. Quel que soit l’humeur, une marche en forêt nettoie le cerveau comme une paire d’essuie-glace", assure ainsi la journaliste Laure Noualhat dans son livre Comment rester écolo sans finir dépressif (1).

Un meilleur sommeil et une meilleure récupération immunitaire

Ce ressenti est prouvé scientifiquement par des centaines d'études scientifiques. Parmi les derniers travaux en date, ceux de chercheurs américains qui montrent qu’en Pennsylvanie, l’augmentation de 30 % du nombre d’arbres économiserait 400 vies par an et 4 milliards de dollars en soin de santé. De leur côté, des chercheurs australiens ont démontré que la durée et la qualité de sommeil, en particulier dans les villes, serait directement liées à l’ampleur de la couverture végétale à proximité.

"La liste est longue des bienfaits que procure la nature : elle contribue notamment à la santé psychique, à la restauration de l’attention, la diminution du stress", assure ainsi la chercheuse en écologie du CNRS et du Muséum national d’histoire naturel, Anne-Caroline Prévot dans une interview au journal Usbek&Rica. Dans les pays scandinaves, les jardins thérapeutiques aident certains malades d’Alzheimer en stimulant leur mémoire et leur corps.

En Asie, les bains de forêt ("Shinrin yoku" en japonais) font baisser le stress, réduisent la pression artérielle et dopent l’immunité, tandis que des patients disposant d’une vue sur un espace de nature se remettent plus rapidement d’une opération chirurgicale. Une plongée dans la nature serait même plus efficace que les médicaments en cas de dépression rapporte une étude sud-coréenne. "Inversement, ne pas y avoir accès peut altérer notre bien-être, voire notre santé", prévient la chercheuse.

En Corée du Sud, une politique de santé basée sur la nature

La Corée du Sud l’a bien compris. Ce pays vieillissant en a fait l’un des piliers de sa politique de santé, basée sur la prévention des maladies. En 2015, le pays a adopté une loi sur le bien-être en forêt, 34 "forêts soignantes" sont labellisées par le service forestier national pour traiter des dépressions, syndromes post-traumatiques ou reconstituer l’immunité des malades du cancer. 

À travers cette approche, c’est au fond tout notre rapport à la nature qui est questionné. D’où le nouveau succès des courants philosophiques tels que l’écologie profonde d’Arne Naess, qui peinait jusque-là à dépasser les frontières scandinaves. Celle-ci nous enjoint à repenser la place prédominante que l’on accorde à l’Homme et la satisfaction de ses besoins dans notre vaste écosystème. Un rapport anthropocentré dont la pandémie de Covid-19 nous a démontré toute la fragilité.

Béatrice Héraud, @beatriceheraud 

(1) Comment rester écolo sans finir dépressif, Laure Noualhat, éditions Tana, 2020, 256 pages.


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