Publié le 18 septembre 2018

ENVIRONNEMENT

Repas végétarien, glyphosate, rémunération… La loi alimentation laisse les agriculteurs sur leur faim

Des petits pas, mais pas de grandes avancées. La loi alimentation vient d’être adoptée en deuxième lecture à l’Assemblée. Si les députés se sont affranchis du gouvernement en votant l'interdiction du plastique dans les cantines ou l'expérimentation du menu végétarien, ils restent en ligne avec Emmanuel Macron sur le glyphosate. Ils ont, encore une fois, refusé d'inscrire son interdiction dans la loi. 

Les députés ont adopté, en deuxième lecture, le 15 septembre, le projet de loi sur l'équilibre dans le secteur agricole et alimentaire.
@Gopixa

BONNES NOUVELLES  

Vrai Novethic Expérimentation d’un menu végétarien

Une fois n’est pas coutume, les députés sont allés à l’encontre de l’avis du gouvernement. Ils ont adopté l’expérimentation d’un menu végétarien une fois par semaine dans toutes les cantines scolaires pendant deux ans. Une mesure pour laquelle l’ancien ministre de l’écologie Nicolas Hulot et l’actuel ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, s’étaient opposés. Ce dernier dénonçant une "écologie punitive".

Vrai NovethicLa fin du plastique dans les cantines

Malgré l’avis du gouvernement, dès 2020, en plus des pailles et touillettes, les "couverts, piques à steak, couvercles à verre jetables, plateaux-repas, pots à glace, saladier, boîtes", seront interdits. "Les industriels doivent changer dès maintenant, car, pendant ce temps, le poisson, le goéland, la tortue meurent et ce sont nos enfants, nos petits-enfants et la mer Méditerranée qui vont mourir", a défendu le député LRM, François-Michel Lambert.

Vrai Novethic50 % de bio ou équivalent dans les cantines

D’ici 2022, dans la restauration collective, 50 % de la nourriture proposée devra être bio ou local. Mais comme le rappelle le réseau national de cantine bio, le Grenelle de l’environnement en 2008 avait fixé un seuil de 20 % de bio en 2012 mais "en l'absence de contraintes ou d’incitations financières", cette part n’a pas augmenté. Elle représente aujourd’hui 3 % des achats dans les cantines.

 

ESPOIRS DEÇUS

Faux Novethic

Pas d’interdiction du glyphosate dans la loi

Malgré les polémiques, les députés ont refusé, encore une fois, de graver dans la loi l’interdiction du glyphosate sous trois ans. Ils ont ainsi suivi les recommandations d’Emmanuel Macron qui souhaite laisser le temps aux agriculteurs de trouver des alternatives. Reste que François de Rugy, le nouveau ministre de la transition écologique et solidaire a indiqué sur Europe 1, "notre objectif de sortir du glyphosate en trois ans, nous le tiendrons. Et si jamais ce n’est pas par une voie négociée avec les professionnels, ce sera par la loi".

Faux NovethicIndicateurs de prix : l’État se désengage

Pour redonner du pouvoir aux agriculteurs face aux industriels, le gouvernement avait émis l’idée, lors des États généraux de l’alimentation, d’inverser la formation des prix. Les industriels devraient partir du coût de production des agriculteurs pour former leurs prix. Le principal syndicat agricole, la FNSEA, comptait s’appuyer sur l’Observatoire des prix et des marges (OFPM) pour établir ces indicateurs et ainsi les sécuriser. Mais les députés ont refusé cette option. Ce sera aux interprofessions, dans lesquelles la grande distribution est représentée, de les fixer. "Si l’État n’assume pas son rôle de régulateur dans une économie de marché, le déséquilibre dans le rapport de force risque de perdurer", a dénoncé le député socialiste Guillaume Garot.

Faux NovethicL’étiquetage alimentaire ne sera pas renforcé

C’était en mai. Lors de la première lecture de la loi agriculture et alimentation, les députés avaient décidé de renforcer l’étiquetage alimentaire de certains produits pour plus de transparence et de traçabilité. Plusieurs indications devaient être affichées comme le mode d’élevage, l’origine géographique le nombre de traitements phytosanitaires, les OGM, etc. Quatre mois plus tard, ils ont changé d’avis. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert a affirmé que cette mesure "relève de la réglementation européenne". Barbara Pompili, présidente du groupe développement durable, assure entendre le gouvernement, mais souligne "l’attente très forte des citoyens". 

Marina Fabre @fabre_marina


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