Publié le 17 novembre 2020

ÉNERGIE

Paris choisit Total pour relancer le service Autolib

Après le fiasco du contrat avec le groupe Bolloré, la mairie de Paris vient de choisir Total pour reprendre le service d'autopartage Autolib. La capitale, dont le déficit s'est creusé avec la pandémie de Covid-19, signe ici une très belle opération financière. Mais certains élus parisiens critiquent Anne Hidalgo d'avoir choisi le pétrolier, qu'elle avait pourtant écarté pour être sponsor des Jeux Olympiques de 2024.

Le choix d'Anne Hidalgo sera voté cette semaine en Conseil de Paris.
@EnriquePalacioSansegu

C’est un second souffle pour Autolib, le service de voitures électriques en libre-service de la capitale. La mairie de Paris vient de choisir Total pour reprendre les bornes électriques de la flotte d’automobiles partagées, auparavant opérée par le groupe Bolloré. Après le fiasco de l’ancienne gestion, qui avait provoqué un vrai gouffre financier, l’enjeu est désormais de reprendre de la vitesse et de trouver un équilibre économique. Total a donc été choisi pour moderniser et étendre le parc automobile. 

Concrètement, le pétrolier prévoit "1 830 bornes de 7 kW (en surface pour de la recharge lente de véhicules), 70 bornes doubles de 3 kW pour les deux roues moteurs, et 80 bornes de recharge rapide (50 kW) en parc de stationnement souterrain", détaille-t-on à la mairie de Paris, confirmant une information du journal Les Échos. Le groupe s'engage à déployer "la totalité de la nouvelle offre en 13 mois (chantiers courts et un maximum de récupération d'éléments existants)" et à "garantir une continuité de service pour les clients actuels lors de la phase de transition", explique cette même source. Ainsi, "la mise en service des stations aura lieu entre mai et décembre 2021 et celles de recharge rapide entre novembre 2021 et septembre 2024".

Une bonne opération financière

Plusieurs offres étaient en concurrence, notamment portées par Bouygues et Shell. Mais celle de Total était la meilleure sur le plan financier, défend la mairie qui doit soumettre son choix au Conseil de Paris de 17 au 19 novembre. Alors que le déficit de la ville va se creuser d'un milliard d'euros dans le sillage de la crise sanitaire due au Covid-19 (à près de 7 milliards d'euros), l'offre de Total prévoit "une redevance minimum garantie pour la Ville de l'ordre de 2,9 millions d'euros en année pleine", explique-t-elle.

Si l’opération parait bonne, certains élus ont dû mal à digérer le revirement de la mairie de Paris. Il y a un an, Anne Hidalgo avait en effet refusé le sponsoring de Total pour les Jeux Olympiques 2024 défendant des Jeux exemplaires sur le plan environnemental.  "Hypocrisie Total", tacle la conseillère de Paris France Insoumise Danielle Simonnet sur Twitter, dénonçant que la mairie "délègue les bornes de recharge de véhicules électriques (soit disant "vertes") à Total, une des entreprises les plus polluantes au monde !"

Anne Hidalgo critiquée

"Anne Hidalgo n’a plus les mêmes pudeurs quand elle a besoin de faire rentrer de l’argent dans les caisses de la Ville", estime dans le Parisien Nelly Garnier, porte-parole du groupe Changer Paris. La mairie, par la voix de son adjoint écologiste en charge de la transformation, de l’espace public, des transports , des mobilités, du code de la rue et de la voirie, David Belliard, défend une "première étape". Dans Les Échos, l’adjoint avoue n’être pas "totalement convaincu de travailler avec une entreprise liée à l’extraction d’énergie fossile". 

Et d’ajouter : "Mais nous n’avons pas le choix parce que la proposition de Total était la meilleure. Pour la suite, j’espère que des acteurs 100 % énergies renouvelables seront en capacité de remporter de tels marchés. Les pouvoirs publics doivent travailler à faire émerger une filière", croit-il alors que le contrat entre Paris et Total engage le pétrolier sur 10 ans. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP


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