Publié le 31 juillet 2018

ÉNERGIE

Fin des Autolib’ : un gâchis pour Paris et Bolloré alors que 3 500 véhicules partent à la casse

Incapables de s’entendre sur la gestion ce service en déficit, la Mairie de Paris et le groupe Bolloré ont acté la fin d’Autolib’. Ce service de voitures électriques en libre-service lancé en 2011 se termine ce 31 juillet. 150 000 utilisateurs et 250 salariés se retrouvent sur le carreau. Quant aux véhicules, ils sont majoritairement en route pour la casse.

Lancé en 2011, le service Autolib prend fin le 31 juillet 2018.
@Autolib

Ce 31 juillet à minuit, ce sera fini. Le service de voitures électriques en libre-service opéré par Bolloré, Autolib’ sera mis à l’arrêt. Les 150 000 abonnés aux services devront trouver un autre moyen de transport, sachant que pour l’heure, Paris ne possède plus de flotte d’automobiles partagées, à l’inverse de nombreuses grandes villes françaises et européennes.

Mais devant l’impossible entente entre la Mairie de Paris et l’opérateur Bolloré, l'avenir de ce dernier était scellé. L’industriel demandait aux communes bénéficiaires de verser 233 millions d'euros d'ici à la fin de la concession, prévue fin 2019, pour combler le gouffre budgétaire. En effet, le service peine à trouver son équilibre économique, en particulier avec l’essor des offres de voitures avec chauffeur comme Uber.

500 véhicules redéployés

Le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole (SAVM), contrôlé à 55 % par la Mairie de Paris, a refusé de verser cette somme. Même si selon Bolloré, l'arrêt prématuré du contrat coûte bien plus cher : environ 300 millions d’euros en prenant en compte, en plus du démantèlement des installations et des pénalités, le licenciement des 250 salariés de l’entreprise.

"Autolib se termine aujourd'hui. Lancé en 2011, cela a été une expérimentation visionnaire et qui a fait évoluer les usages. Mais le service a vite été concurrencé par de nouvelles offres (VTC, scooters en libre-service)", justifie la ville de Paris sur son compte Twitter.

 

Au-delà de la perte de cet outil de mobilité, c’est un énorme gâchis de matériel. 4 000 véhicules étaient déployés dans la capitale. Or seuls 500 d’entre eux auront une seconde vie en étant envoyés vers d’autres villes, a expliqué Autolib’. Le reste va finir à la casse.

Renault, prêt à prendre le relais

Quant aux 7 000 bornes des 1 100 stations de la région, la mairie assurent qu’elles seront disponibles pour les habitants possédant une voiture électrique. Mais dans un premier temps, celles-ci ne seront plus fonctionnelles. La ville espère pouvoir en retrouver l’usage en 2019.

D’autres groupes sont prêts à prendre le relais de Bolloré. La maire Anne Hidalgo, pressée d’éteindre le feu de cet échec, a déjà passé un contrat, le 4 juillet dernier, avec Renault. "Ce qui se passe là est historique (...), les villes et les constructeurs automobiles ont vocation à s’allier pour l’avenir de la mobilité", assurait l'édile.

Le constructeur automobile va déployer, à partir de septembre, 2 000 véhicules électriques et un service de VTC. Ce service sera limité à Paris intra-muros. La grande différence avec Autolib’ est que ce contrat n’est pas exclusif. D’autres sociétés sont en négociation avec la mairie pour mettre en circulation d’autres flottes de voitures. On compte sur les rangs PSA, Drivy et Ada.

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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