Publié le 16 mars 2017

Présidentielle 2017

RSE : que propose Benoît Hamon ?

À moins de deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, Benoit Hamon, candidat du PS, vient d’ajouter à son programme quelques mesures portées par ses anciens adversaires à la primaire de la gauche. Le but ? Rassembler. Made in France, revenu universel, taxe sur les robots… quelles sont les propositions RSE de Benoit Hamon ? Novethic fait le point.

Avec près de 58% des suffrages exprimés, Benoît Hamon a largement remporté le second tour de la primaire de la Belle alliance populaire.
Julien Mattia / NurPhoto / AFP

Discrimination

 

Mise en place de la "police de discrimination". Placée sous l’autorité du Premier ministre, elle viserait à sanctionner toute distinction ou ségrégation, notamment à l’embauche.

 

Égalité femmes-hommes

 

Application du "name and shame". Cela consiste à divulguer le nom des entreprises qui n’ont pas adopté un plan d’action sur l’égalité, malgré la loi. Benoît Hamon propose également de créer "un réel service public de la petite enfance". Concernant les discriminations au travail, le candidat propose de renforcer les peines encourues.  

 

Énergie

 

Son objectif est d’atteindre 50% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique français dès 2025. Une aide sera destinée aux citoyens afin de leur permettre de s’équiper en "matériel de production d’énergie renouvelable domestique".

Benoît Hamon souhaite qu’EDF, dont l’État est le principal actionnaire, accompagne "la décentralisation de la production d’énergies vertes" plutôt que de privilégier le nucléaire.  

 

Évasion fiscale

 

Le candidat PS préconise un reporting public pays par pays pour toutes les entreprises. 

Il souhaite également adapter la fiscalité et les règles constitutionnelles pour que les GAFA (Google, Apple, Facebook ou Amazon) n’échappent plus aux impôts. Il propose un nouvel impôt européen sur le sujet.

 

Fiscalité

 

Benoit Hamon entend instaurer une taxe sur les robots : les intelligences artificielles, créatrices de richesse dans l’entreprise, devront cotiser. Elle ne touchera que les entreprises dont la "robotisation s’accompagne d’une réduction des effectifs", a-t-il précisé dans un courrier adressé à Sylvia Pinel, ex-candidate à la primaire de gauche.

La recette générée sera dédiée à la formation de retour à l’emploi pour les personnes "dont le travail est désormais effectué par une machine intelligente".

L’accord que le candidat PS a passé avec Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts) prévoit également la mise en place d’une taxe carbone affectée à la transition écologique.

 

Lanceurs d’alerte

 

Le candidat PS veut renforcer la loi Sapin II sur ce point. Comment ? En offrant aux lanceurs d’alerte un "soutien financier réel" et une "prise en charge des frais de procédure des lanceurs d’alerte"

 

Made in France

 

Avec cette mesure, empruntée au programme d'Arnaud Montebourg, Benoit Hamon compte donner la priorité aux PME. 50% des marchés publics leur seront réservés. Le but : "stimuler le tissu économique local".

Il n’exclut pas de "nationaliser temporairement" des entreprises, comme Alstom ou Florange. "La question est : s’interdit-on une solution qui peut être la bonne pour maintenir l’emploi, les savoir-faire industriels ?", a-t-il déclaré.

 

Médias

 

Benoît Hamon veut faire voter une loi anti-trust pour le secteur des médias. Elle est censée garantir le "pluralisme et l’indépendance". Elle prévoit qu’aucun groupe ne pourra détenir plus de 40% des parts d’un organe de presse (presse écrite, radio, TV ou presse en ligne). Un même groupe ne pourra pas non plus dépasser le seuil de 20% des parts dans plus de 2 médias.

 

Pollution

 

Le candidat souhaite sortir du diesel à l’horizon 2025. Pour y parvenir, il veut mettre fin à l’avantage fiscal accordé à ce carburant et installer des bornes de recharge électrique sur le territoire.

Concernant les pesticides et perturbateurs endocriniens, il s’agit d’appliquer le principe de précaution : retirer les autorisations à tous les pesticides dangereux.

La protection de l’air, de l’eau et de la terre sera inscrite dans la Constitution.  

 

Revenu universel 

 

C’est une des mesures emblématiques du programme de Benoit Hamon. "Je propose une première étape qui n’est pas un saut dans l’inconnu. Elle est chiffrée (35 milliards d’euros) et s’adresse à tous les travailleurs gagnant entre 0 et 2800 euros brut", a précisé le candidat PS dans une interview au Parisien.

Pour la financer, Benoit Hamon compte  taxer  "les superprofits des banques". 10 milliards d’euros des 40 du CICE (Crédit d’impôts aux entreprises) seront redirigés vers "des nouvelles politiques, comme le revenu universel ou la recherche et l’innovation".

Cette mesure doit permettre, à terme, une réduction de temps de travail.  

 

Ubérisation

 

Benoît Hamon souhaite lutter contre le "salariat déguisé des entreprises ubérisées". Cela passe par une requalification des "collaborateurs" (jusqu’ici travaillant en tant qu'auto-entrepreneurs) en salariés. Une transformation qui obligerait les entreprises comme Uber à payer les cotisations de leurs salariés et à leur offrir une meilleure protection sociale.Le candidat vise également les "géants du net" qui pratiquent l’optimisation fiscale. "Je refuserai que ces entreprises bénéficient de nos services publics sans contribuer à l’impôt."    

Antonin Amado et Marina Fabre
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