Publié le 10 octobre 2017

EMPREINTE TERRE

Les forêts boréales décimées pour fabriquer du papier toilette

Dans un rapport (1) publié mercredi 27 septembre par Greenpeace, Essity, le premier producteur européen de papier-tissu qui regroupe notamment la marque Lotus, est accusé de décimer la forêt boréale pour s’approvisionner en pâte à papier. L’ONG encourage l’utilisation de papier recyclé ou a minima, de bois labellisé 100 % FSC (Forest Stewardship Council).

Moins de 3 % des forêts boréales sont protégées, ce qui permet au géant Essity de s'y approvisionner.
Greenpeace

Vous êtes-vous déjà demandé d’où provenaient votre papier toilette ou vos mouchoirs ? Greenpeace y répond pour vous. L'ONG vient d’épingler le leader européen de l’hygiène, Essity, qui regroupe notamment les marques Lotus, Tempo, Nana, Demak’Up et Okay. L’entreprise est accusée de décimer les forêts boréales du nord de l’Europe.

"Les exploitants forestiers sont en train de réduire la forêt boréale en lambeaux. Il est absurde de couper des forêts anciennes pour en faire du papier jetable, souligne Clément Sénéchal, chargé de campagne forêts à Greenpeace France. Essity est un leader mondial dans la fabrication de mouchoirs et de papier toilette mais ne parvient pas encore à montrer l’exemple pour la protection de la forêt boréale." 

Moins de 3 % des forêts boréales protégées

Selon les informations de Greenpeace, Essity s’approvisionnent en pâte à papier en Suède, en Finlande ou encore en Russie auprès de fournisseurs peu regardants sur l’environnement. Ces-derniers prélèvent par exemple des arbres dans des forêts anciennes ou identifiées comme ayant une grande valeur écologique. Ces zones abritent aussi des espèces menacées.

Or, les forêts boréales, qui représentent environ un tiers de la surface forestière terrestre, jouent un rôle clé dans la protection de la biodiversité et du climat. Pourtant, moins de 3 % de ces forêts sont aujourd’hui protégés. C’est sur cette absence de mesures que jouent Essity et ses fournisseurs.

En remplacement des forêts déboisées, une espèce invasive de pin est plantée, mettant en péril le mode de vie du peuple autochtone des Sames qui vivent dans la région boréale scandinave. En effet, les coupes rases sur leurs terres traditionnelles détruisent et fragmentent des pâturages naturels essentiels pour les rennes.

Fibre recyclée ou label FSC 

"Nous demandons à Essity de faire le ménage dans sa chaîne d’approvisionnement, explique Clément Sénéchal. L’entreprise doit suspendre ses liens avec les fournisseurs qui détruisent les forêts boréales et ne respectent pas les droits des communautés autochtones." L’ONG appelle par ailleurs à la vigilance des consommateurs en achetant de la fibre recyclée ou, a minima, à faire confiance au label FSC (Forest Stewardship Council) 100 % concernant l’origine du bois.

En réponse à ces critiques, Essity souligne que "toutes les fibres vierges utilisées dans [ses] produits doivent être certifiées FSC ou PEFC, ou remplir les critères FSC en matière de bois contrôlé." Le groupe déclare également favoriser "en priorité le système de certification FSC (plus exigeants, NDLR)" et encourager "tous ses fournisseurs à obtenir cette certification". Il dit enfin être "engagé dans un dialogue avec Greenpeace concernant le développement d’une sylviculture responsable".

Selon une étude du WWF publiée en mai dernier, les enseignes ayant établi une politique d’approvisionnement en bois issus de forêts gérées de manière responsable en mesurent les bénéfices économiques, d'image et d'engagements des salariés. L’ONG avait interrogé plus de 50 acteurs de la grande distribution dans 20 pays. Pour 80 % d’entre eux, l’impact positif d’un approvisionnement responsable s’en ressent aussi sur la réputation de la marque, plus de 60 % indique que cela a influencé la satisfaction client et 70 % leurs salariés. 

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Le rapport de Greenpeace


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