Publié le 19 juin 2017

EMPREINTE TERRE

Apple répond à Trump sur le climat en émettant un Green Bond de 1 milliard de dollars

Pour faire pression sur Washington après la décision de retrait de l’Accord de Paris, Apple a choisi la voie de la finance. L’entreprise a émis une obligation verte, un  green bond, de 1 milliard de dollars, à peine un an après une première émission de 1,5 milliard. Reste à savoir si Donald Trump recevra le message. 

Tim Cock, le Président d'Apple, s'oppose à Donald Trump sur la question du climat

Deux semaines après l’annonce par Donald Trump de la sortie des États-Unis de l’Accord de Paris, Apple a décidé de montrer clairement au monde ce qu’il pense de cette décision. Le géant californien a lancé un Green Bond, une obligation verte, de 1 milliard de dollars afin de soutenir le développement des énergies renouvelables. Le géant à la pomme a pour objectif de consommer à terme 100 % d’électricité verte.

Tim Cock le président d’Apple, avec d’autres grands chefs d’entreprises américains comme le fondateur de Tesla Elon Musk, assure avoir tenté de convaincre Donald Trump de ne pas quitter la dynamique mondiale engagée lors de la COP21 en faveur du climat. Ses efforts ont "été vains", explique le dirigeant. Dans un message adressé aux équipes de l’entreprise et rapporté par le Financial Time, il précise que les décisions du Président américain n’auront "aucun impact sur les efforts d’Apple en matière de protection de l’Environnement".

Une opération très symbolique

Pour justifier l’émission de ce Green Bond, Lisa Jackson, vice-présidente d’Apple en charge de l’environnement et des politiques sociales, explique que "Le leadership du monde des affaires est essentiel pour faire face à la menace du changement climatique". Une déclaration qui n’est pas sans faire écho à l’initiative "We Are Still In" réunissant plus de 1200 États, Villes, entreprises (dont Apple) et investisseurs américains affirmant, qu’avec ou sans Washington, ils respecteront les engagements de réduction d’émissions de CO2 promis par Barack Obama.

"C’est un mastodonte de l’économie qui adresse un message à Donald Trump et qui montre au reste du monde que le secteur privé américain veut rester dans l’Accord de Paris", analyse Édouard Plus, directeur adjoint de la recherche de Novethic. Le signal de Tim Cock est d’autant plus fort que la firme californienne n’avait pas nécessairement besoin de cette nouvelle ligne de crédit.

D’une part, l’entreprise a une trésorerie de 250 milliards de dollars. D’autre part, elle a déjà émis en 2016 un très  important Green Bond de 1,5 milliard de dollars. A titre de comparaison, un grand acteur de l’énergie comme EDF, très en pointe sur la finance verte, a émis 4,5 milliards de Green Bonds depuis 2013 en trois opérations.

 

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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