Publié le 30 juin 2017

EMPREINTE SOCIALE

Le procès de l’amiante n’aura sûrement jamais lieu

21 ans après les premières plaintes de salariés victimes d’une exposition à l’amiante, le parquet de Paris a demandé la fin des investigations. Il estime impossible d'établir la date précise d’exposition à l’amiante. Une décision qui pourrait conduire à un non-lieu dans une quinzaine de dossiers phares. 


Le parquet de Paris vient de demander, mardi 27 juin, la fin des investigations dans au moins 15 des enquêtes pénales phares de l'amiante. Il estime impossible de dater avec exactitude la date à laquelle les victimes ont été intoxiquées. Une décision qui pourrait conduire à des non-lieux dans ces dossiers qui concernent les entreprises Everite, la Normed, Sollac…

"L’aléa dans la date d’exposition à l’amiante ne pourra permettre de conduire des investigations ciblées de nature à réunir des charges qui pourraient être imputées à quiconque", prévenait déjà le 9 juin, dans une ordonnance, les juges d’instruction.

Ces sociétés sont poursuivies, pour certaines depuis 1996, pour homicides involontaires et blessures involontaires par des anciens salariés exposés à la fibre d’amiante. Année à laquelle la France a décidé d'interdire ce matériau. Pour cause, selon l’ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l'amiante est responsable de 10 à 20 % des cancers du poumon. Il s’agit d’un des plus gros scandales sanitaires du monde. 

"Un naufrage de l’instruction judiciaire"

"100 000 morts de l’amiante annoncés, 21 ans d’instruction pour en arriver là ! c’est un véritable naufrage de l’instruction judiciaire", ont réagi dans un communiqué commun l’Association nationale des victimes de l’amiante (Andeva) et la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath). Cette décision risque de "faire prospérer des non-lieux pour tous les responsables, petits ou grands, qui avaient été mis en examen dans tous les dossiers pénaux de l’amiante".

Mais le marathon judiciaire ne devrait pas s'arrêter, même si un non-lieu est demandé. Les victimes pourront se défendre devant la Chambre d'instruction. 

 Marina Fabre @fabre_marina


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